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"Le Rouge et le Blanc", petite bande d'amateurs bruxellois : #2

  • Gaija
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Jeudi soir tombait la deuxième édition de petites soirées vins sans chichis qu'on organise avec un petit groupe d'amis d'enfance à Bruxelles depuis septembre.
Le concept est assez simple, on s'arrange à l'amiable pour que chacune et chacun contribue aux vins et/ou aux mets, sans trop réfléchir, et on se fait plaisir.
On n'impose pas (encore) de thème car nous sommes tous amateurs (très) jeunes aux caves encore limitées, en tout cas plus ou moins selon les participants.
Bref, simplicité, spontanéité, humilité et épicurisme.

Pour cette deuxième on a donc commencé par quelques toasts autour de la rillette de truite et du saumon fumé accompagné successivement de

Louis Bouillot, "Perle d'Or Rose", Crémant de Bourgogne rosé, 2015

Très bon crémant rosé plutôt axé sur la gourmandise que sur la finesse, comme souvent dans cette appellation on a par ailleurs un bon rapport qualité-prix. Profil donc essentiellement gourmand axé sur les fruits noirs / fruits des bois plus que "petits fruits rouges" acidulés plus habituels, avec des notes biscuitées et briochées assez appuyée et un dosage un tout petit peu généreux pour mon goût (en perception du moins, je ne connais pas les chiffres). Bulle pas spécialement fine mais équilibré au final.

Bien + / Très bien - / 15/20


suivi d'un désormais classique du groupe :


Domaine des Jumeaux, IGP Val de Loire (Vendée), Chenin "Le Chemin du Querry" 2018

Comme d'habitude, ce truc est une petite tuerie. Coup sur coup, sur la quasi-totalité des bouteilles que j'ai pu en boire et ce sur au moins 3 millésimes différent, ce vin a été un des chenins les plus remarquables que j'ai pu goûter dans ma carrière de dégustateur, et je m'étonne quelque part que si peu de LPViens semblent l'avoir dégusté (ou à tout le moins commenté). Le nez est immédiatement réjouissant, prégnant et complexe, hyper ouvert sur le coing, le pomelo, la suie, la croute de pain grillé, la résine, on sent qu'on va passer un bon moment et la bouche le confirme, c'est tranchant mais mûr, salin à souhait, parfaitement équilibré entre agrumes vifs et coing plus tendre avec cette complexité fulligineuse et salée derrière. J'adore, comme d'habitude.

Très bien + / 16.5/20


On passe ensuite sur une entrée absolument dantesque préparée par une des convives, qui laissera tout le monde sur le cul et rentrera personnellement dans mon panthéon des meilleures assiettes dégustées cette année : un ceviche de daurade au dash, fenouil et oignons pickles façon nikkei, d'un équilibre magique et surtout basé sur un poisson de toute première qualité.
Un excellent vin viendra tenter d'amener le plat encore plus haut mais, aussi bon que soit l'accord factuellement et aussi bon que soit le vin lui-même, la star du moment restera l'assiette, qui attire égoïstement la lumière sur elle. Mais très bon moment passé néanmoins avec cet autre grand classique : 

Domaine des Huards, Cour-Cherverny Vieilles Vignes "François 1er", 2016

C'est mon premier Romorantin, j'avais hâte de découvrir. Ce classique de l'appellation ne décevra et proposera finalement un profil un peu plus civilisé et moins clivant que dans mes attentes. A l'aveugle, pratiquement tout le monde serait parti sur un Riesling tant les notes terpéniques et agrumiques sont présentes dès le nez. A bien y chercher, certains côtés évoquent quant à eux davantage une parenté avec le savagnin (noisette) ou certains aligotés (céléri, léger caoutchouc), l'ensemble étant finalement juteux, frais, acide, traçant et encore très jeune. On croirait que ça a été embouteillé il y a six mois. La capacité du Romo à défier le temps me semble donc tenir la route sur cette bouteille. Ah tiens, rappelez-moi un peu, n'y avait-il pas de bonnes raisons génétiques de trouver des parentés entre romo, riesling et savagnin ?

Très bien / 16/20

Paire de blancs de haut niveau donc, on espère que la paire de rouge tiendra tout autant la route autour d'un excellent risotto aux pleurottes et tomates confites.
Pour mon apport, je décide de sortir un pinot de millésime mûr qui pourrait bien être à point.


Domaine Laurent & Karen Boussey, Monthélie "Les Toisières" 2015

Très satisfait de cette bouteille qui tiendra ses promesses : comme quoi, au diable la réputation des appellations, la vérité est dans le verre ! Le grand millésime à PN aide certainement à créer l'étincelle. Le nez pinote et part sur les nuances de kirsch, de genièvre (très appuyées) et de violette qui rendent le cépage unique. La bouche commence fraiche et fine, équilibrée entre maturité et acidité, avant de revenir en force avec les fruits, cerise griotte, nectarine bien mûre avec les petits amers de sa peau, c'est noble sans démonstrativité. La finale impressionne de longueur pour l'appellation, sur le noyau, la peau de pèche et le cacao amer. Déjà très bon, il sera encore meilleur dans 5 ans.

Très bien + / 16.5/20

S'en suivra un autre rouge de belle facture et finalement sur un équilibre pas si différent du Monthélie, à notre surprise pour nous qui attendions quelque chose de plus concentré.


Azul y Garanza, Navarre (Espagne), Naturaleza Salvaje Tinto 2017

Un 100% Grenache assez charmant, sans lourdeur, aux tanins peu prononcés, principalement axé sur le fruit noir frais avec une texture soyeuse et une excellente buvabilité. Je m'attendais à quelque chose de plus riche et concentré. Ça ne déborde pas de personnalité mais c'est indubitablement agréable et bien net. Par ailleurs ça ne ressemble à aucun des avatars du Grenache que j'ai pu gouter en Rhône Sud (ni les très mâchus type Gigondas, ni les plus "fraise-hibiscus" comme certains C9P) ou en Languedoc-Roussillon.

A regouter pour lui-même car sa position de dernière bouteille ne l'a pas forcément bien mis en valeur.

Bien + / Très bien - / 15/20


Une bien belle édition au final, à bientôt pour la prochaine !

 

Brieuc
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22 Oct 2022 18:07 #1

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"Le Rouge et le Blanc", petite bande d'amateurs bruxellois : #3
C'est reparti pour un tour !

On commence autour de quelques sympathiques biscuits apéritifs italiens et trio de houmous maison.
Là-dessus Grégoire, en charge de l'apéro, nous lâche : "en bulles, il ne me restait plus que des magnum ..."
Bon, ben ça nous embête hein évidemment, mais on fera avec Greg 


Domaine Henri Ruppert, "La Brute", Crémant du Luxembourg (Blanc)

Visiblement un assemblage Pinot Blanc / Pinot Noir.
Le nez n'est pas follement causant, mais la bouche propose une bulle assez vive et un équilibre au dosage juste, pas trop généreux, sur une trame acidulée plutôt axée fraicheur.
La finale est le temps fort du vin, en proposant une allonge saline et citrique assez inattendue, dans le sens d'un niveau qualitatif clairement supérieur aux qualités de nez et de bouche.
Une dégustation crescendo donc, qui laisse un souvenir agréable même si pas impérissable.

En revanche, ça commande déjà un certain prix que je trouve excessif au vu de la qualité - comme souvent dans les Crémants du Luxembourg.
Même en voulant jouer le créneau du haut du panier qualitatif, on n'y est pas à mes yeux (Alice Hartmann fait mieux pour le même prix à mon sens, même si l'équilibre est totalement différent).

Bien + / 14.5/20


Duo de blancs ensuite pour accompagner une recette d'un très bon restaurant bruxellois, un curry Thaï végétarien dit "monochrome" (orange), à base de curry rouge maison et lait de coco mijotant longuement avec carottes, courges, gingembre, feuille de combava ... le tout sur un riz thaï parfumé. Le résultat était délicieux.

Le premier blanc à s'y frotter sans réellement faire de rencontre heureuse ou malheureuse est jurassien :


Domaine Geneletti, L'Étoile, Chardonnay "Au Désaire" 2017

Cette référence a une histoire qui me laisse perplexe. Je resitue : il y a de cela 18 mois, j'achète une première bouteille à prix très honnête dans une FAV. Je goute et, comme rapporté ici, j'adore, à fortiori pour le prix.
Retour à la même FAV 6 mois plus tard, je décide donc d'en stocker deux de plus pour confirmer l'essai. À ce moment-là je suis déjà intrigué du fait qu'il semble y avoir eu plusieurs mises de la même cuvée puisque l'étiquette n'est pas la même que la première fois (grise, contre noire initialement). Pourtant après vérification, c'est bien exactement le même domaine, la même cuvée, et le même millésime. Toujours est-il, j'en achète deux et un de mes potes (dont c'est l'apport ce soir) en prend une également pour tester.
Il y a quelques mois j'ouvre la première de mes deux et la découvre passée, avec une touche de bouchon et d'oxydation en même temps, sans intérêt, je mets ça sur le compte d'une bouteille pas au top.
Ici, troisième bouteille donc (la bonne surprise de la première, le flop de la deuxième), et c'est encore un troisième profil, il ne semble pas y avoir de problème de bouteille en soi mais l'aromatique est totalement différente du premier essai, réduction marquée sur la chausette/serpillère puis un peu mieux en aérant mais restera austère, un peu marécageux, avec peu de fruit (agrume quand même et trame acide pas désagréable) mais donc clairement pas le même niveau de plaisir que la première. 

Je serais curieux d'avoir une explication sur ces différentes mises (si c'est bien ce qui s'est passé) et j'attendrai de boire ma dernière pour confirmer le fait que, le cas échéant, et pour une raison que j'ignore, la seconde semble hélas bien moins convaincante.

Assez bien sous réserve de bouteille sans problème / À revoir


On enchaine en faisant le grand écart avec mon apport, qui (en toute modestie bien suuuuuuur) réalisera un accord nettement plus convaincant.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je suis convaincu par l'association d'un chenin mûr avec un plât à base de curry rouge, je vous le recommande.


Domaine de la Taille aux Loups, Montlouis-Sur-Loire, Les Hauts de Husseau 2018

C'est du solide. Le nez au départ est engoncé dans son élevage, côté patissier-lacté assez appuyé, mais on retrouvera finalement les agrumes mûrs (orange), les fruits jaunes, et quelques touches de complexité difficiles à décrire qui font la marque des beaux chenins (crème Nivéa, infusion, térébenthine). La bouche est un modèle, massive, d'une très grande présence et d'une très grande longueur, avec une aromatique plutôt baroque mais néanmoins précise sur le croissant pur beurre et une débauche de fruits jaunes et oranges, avec principalement orange et abricot frais, sur une grande assise saline voire même poivre et sel. La finale est longue, heureusement pas lourde mais toujours mûre, sur la mandarine, le sel et quelques touches exotiques.

2018 oblige c'est mûr, honnêtement limite trop pour moi, on sort un peu de l'esprit d'un vin de latitude nord à mon sens mais dans le style ... c'est top, rien à dire.
Pourra voire devra attendre encore davantage parce que l'élevage est bien là et la maturité aussi, et il existe je pense suffisamment d'acidité et d'extrait sec que pour pouvoir tenir, même si 2018 n'est clairement pas le plus grand millésime de garde au domaine.

Excellent - / 17/20


On finit ce très beau chenin en entamant une série de très beaux fromages et en faisant la transition vers un autre très bon compagnon de fromages : 


Domaine Philippe Milan & Fils, Rully Blanc 2019

Un Rully sympathique, bien représentatif du style que j'associe personnellement souvent à l'appellation, avec pas mal de chocolat blanc, de lait d'amande, un peu de fruit jaune et de fruits à coques.
Du nez à la finale c'est cette aromatique lisible, cohérente et réussie qui nous convainc et nous convient, à défaut de complexité ou d'originalité.
De plus, je crois savoir que les prix sont fort raisonnables.
Vu que l'ordre de passage n'a pas été facile pour lui, je pense pouvoir dire qu'on est ...

Bien + / Très bien - / 15/20


Et on finit sur un petit rouge pour lui-même :


Domaine François Schmitt, Alsace, Pinot Noir Bollenberg 2021

Après avoir été très convaincus en bar à vins à Colmar par le 2020, tout en fruits noirs frais et d'une belle évidence, nous étions passés au domaine dans la foulée récupérer quelques exemplaire du 2021.
Millésimes opposés sur papier et donc fatalement différence notable dans le verre, l'équilibre est différent mais la qualité, d'autant plus pour le prix, est toujours bien là.
On a ici un Pinot Noir fin, dans un registre qui a troqué une partie de son fruit et de sa maturité pour une palette florale très appuyée, géranium, freesia, terre fraiche.
La bouche est fraiche, faussement fluide car il existe quand même un subtil grip tannique qui vient affirmer la présence d'un vin globalement tout en finesse et en réserve noridste, un peu austère mais distingué.

Bien + / Très bien - / 15/20

Excellente soirée en parfaite compagnie, bien mangé et globalement bien bu avec néanmoins une certaine variance de qualité ... ce qui n'est pas forcément un défaut !

C'est tout pour l'instant, prochaine descente dans l'arène fin mars !

Brieuc
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28 Fév 2023 16:59 #2

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"Le Rouge et le Blanc", petite bande d'amateurs bruxellois : #4
 On prend (presque) les mêmes et on recommence.

Grégoire est à la bulle comme la fois passée autour de quelques grignottages apéritifs.
C'est un grand classique qui nous est présenté puisqu'il doit probablement s'agir d'un des BSA de Champagne les plus vendus chez nous en Belgique, voire au monde (vous confirmez ?) : pour autant, je ne l'avais encore jamais gouté.


Laurent-Perrier, Champagne "La Cuvée" Brut Sans Année

Il s'agit très probablement de la dernière mise en date de l'écriture de ces lignes puisque c'est une acquisition très récente.
J'ai eu plus ou moins ce que j'attendais, c'est-à-dire pas grand chose.
Champagne équilibré et consensuel, mais d'un style à mon goût trop lisse, trop grande maison, trop peu vineux et essentiellement valable pour sa bulle garantissant une texture fine, et sa recherche de l'épure aromatique (signature maison, il faut admettre) qui ici tire au simplisme.
Bien sûr c'est agréable, mais très difficile d'en dire bien davantage ne serait-ce que trois jours plus tard.
Rapport qualité-prix défavorable à mon sens et, peut-être pire encore qu'être factuellement mauvais (ce qu'il n'est pas), ce Champagne est surtout sans grand intérêt à mon sens.
Il remplit néanmoins bien son rôle apéritif au sens propre du terme.

Bien + / 14.5/20

On passe à l'entrée, Charles aux commandes et comme toujours c'est réussi en plus d'être 100% maison : mini-fajitas minute au guacamole, poêlée de pleurotes et pickles de betterave rouge.

Choix judicieux pour accompagner cette entrée savoureuse que ce 


Dominique Cornin, Mâcon-Fuissé "Les Bruyères" 2021

Bon voire même très bon Mâcon avec une belle typicité du secteur de Fuissé sur ces notes biscuitées et sablonneuses (voire farineuses) que je trouve caractéristiques, fruité classique de la Bourgogne du sud sur des touches mesurées de poire et de banane mais sans vulgarité, et au-delà de tout une belle acidité et beaucoup de fraicheur, probablement garantis par le millésime. Ce même millésime bride un peu la matière et la longueur néanmoins, on reste sur un vin qui a sa place à l'apéritif ou sur des entrées relativement simples mais dont il ne faut pas attendre l'impossible.
D'autant que, pour l'appellation, le prix n'est pas anodin et donc le rapport qualité-prix pas totalement favorable à mon sens (même compte tenu de l'inflation 2021) : difficilement trouvable sous les 25€ il semblerait, prix auquel je parviens encore à trouver des Pouilly plus caractériels et avec plus de fond.

Les notes farineuses/sablonneuses permettent un accord franchement réussi avec le même coté légèrement farineux des crèpes fajitas maison.

Très bien - / 15.5/20


On passe au plat qui cette fois-ci était préparé par votre serviteur, tajine végétarien dans l'esprit d'un tajine à l'agneau, avec boulettes végétariennes épicées, pruneaux imbibés au thé à la menthe, amandes rôties, carottes, oignons, épices, temps, amour.

Je tente donc de sortir un accord généralement infaillible avec une référence qui m'avait beaucoup plu précédemment :


Chateau Simian, Chateauneuf-du-Pape rouge "Le Traversier" 2019

Cette fois-ci en bouteille et non en magnum comme lors de ma découverte initiale.
Question de format et/ou de chronologie et/ou de jour feuille-fruit-racine ou tout ce que vous voulez, le vin semble être (paradoxalement) un peu plus fermé que son équivalent magnum de l'été passé, au nez du moins. Le caraffage n'y changera guère grand chose. Pour autant on devine quand même bien l'aromatique si plaisante qui m'avait précédemment charmé, mais moins expressive. Par contre, bonheur, la bouche est toujours aussi délicieuse. Ici les qualités sont indéniables, et du même niveau qu'à l'époque. Texture magnifique, très peu de tanin, belle acidité canalisant un ensemble d'une expressivité aromatique folle et très florale sur la pivoine, l'hibiscus, la cerise au marasquin. L'équilibre acide-alcool est idéal et la finale est à la fois fraiche et large. 

J'ai confiance que le nez se redébloquera prochainement, en l'état pour ses qualités de bouche c'est un bonheur en dégustation pure.
La relative absence de tanin et le profil aromatique quantiativement intense, certes, mais qualitativement plutôt axé finesse (plutôt grenache-cinsault que grenache-syrah si vous voyez ce que je veux dire) font qu'il ne fera néanmoins pas un compagnon judicieux avec le tajine, la puissance du plat limitant l'aromatique du vin et faisant davantage ressortir son léger alcool de fin de bouche.

Très bien / 16/20

On enchaine sur un vin d'un secteur proche qui, même si qualitativement nettement en dessous à mon sens (on ne joue pas dans la même gamme de prix non plus donc rien de mal fait), constituera pour autant, et pour les raisons sus-mentionnées, un accord plus évident avec le plat.


La Porte des Vents, Côtes du Rhône-Villages Séguret, 2020

L'expression du fruit est un peu occultée par un côté légèrement sauvage, giboyeux, noir avec une forte vinosité et un léger côté métallique que je n'apprécie personnellement pas souvent, combiné à un alcool pas parfaitement intégré. Il y a néanmoins de la matière, du nerf et un côté laurier qui peut plaire, mais on n'est pas dans mon canon stylistique préféré.
Le tanin et la vinosité supérieure par rapport au précédent permettent néanmoins, assez logiquement, un accord meilleur avec le plat.

Bien / 14/20


On finit le repas de manière plutôt "girly" puisqu'on s'accorde quelques macarons de chez Wittamer (bons mais pas exceptionnels à mon sens) avec un petit rafraichissement qui tombe à point nommé.


Domaine Gérald Dubreuil, Cerdon Sec, Méthode Ancestrale

Judicieux choix d'accompagnement que cette bulle comme toujours très digeste (8%) et qui forme un bon tandem avec les macarons, rafraichissant la bouche après le sucre et le gras de texture du macaron.
Franchement sympathique, à un prix très sage qui plus est (et comme toujours en Cerdon). Belle bulle avec de la vivacité. Sur la framboise sans trop de complexité, la bouche est juteuse, de belle acidité, à la bulle moins grossière que ce que l'appellation laisse souvent présager, et à l'équilibre plutôt demi-sec mais néanmoins bien réussi, sans sucres trainant en finale.

Bien + / 14.5/20


Et c'est tout pour cette fois ! Encore une édition sympathique où on constate que la vérité est comme toujours dans le verre, avec par exemple un Cerdon final qui donnera plus de sourires que le Champagne initial, à un prix sans doute trois à quatre fois inférieur.

Rendez-vous dans quelques semaines pour la suivante.

Brieuc
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04 Avr 2023 12:01 #3

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"Le Rouge et le Blanc", petite bande d'amateurs bruxellois : #5
Encore une chouette édition cette fois-ci autour de pizze napolitaines maison de toute toute grande classe (le four à pizza fait quand même une sacrée différence).
Avant ça on se mouille quand même un peu la nuque autour de quelques bouchées apéritives italiennes qui appellent de leurs voeux un printemps qui tarde à s'installer dans notre plat pays.

Paire de blancs pour commencer, j'ai hâte de voir où en est le premier car la précédente expérience était relativement inquiétante.
Pas réellement mieux cette fois-ci pour ce : 


Chateau de Bel Avenir, Bourgogne Blanc 2017

Deux bouteilles à quelques mois d'écart confirment bien ce dont on aurait pû se douter sur un bourgogne blanc nature de 6 ans d'âge : c'est oxydé.
Dans l'absolu c'est pas foncièrement désagréable mais il est clair que ce n'est pas ce qu'un chardonnay de Bourgogne est censé proposer, même en étant ouvert d'esprit.
Pomme blette, coing, feuille morte, trame acide et saline en bouche, c'est relativement strict mais finalement ce genre de profil n'est pas si mal pour aiguiser les papilles.

Factuellement ED, Assez bien pour ce qu'il a à proposer. Pas de miracles, même en grand millésime.

On tente de se consoler avec un joli classique qui lui est bien loin de la tombe 


Clos Floridène, Graves Blanc 2020

Annoncé comme une très grande réussite sur ce millésime par certains (dont Bettane par exemple), ce Floridène coche les cases du joli Graves Blanc avec sur ce millésime et en cette prime jeunesse un côté plus juteux, frais et globalement plus sauvignon que ce que je lui connais habituellement. L'élevage bois semble également moins marqué. C'est intéressant de constater que je me suis fait cette réflexion quasi exactement transposable à trois jeunes Pessac/Graves Blancs 2020 : Latour-Martillac, Ferran, et maintenant Floridène. Tous semblent donc partager cette belle trame agrumique de pamplemousse associé à de fins aromes fumés et une petite trame végétale aneth/fougère tout à fait typique avec un duo amer-acide qui fonctionne très bien et qui donne une nervosité qui est sans doute le gage de leur beau potentiel de garde. Il y a quand même de légères notes madeleines/rôties qui font la signature du sémillon, mais il faut franchement aller les chercher. On renoue avec quelque chose de moins voluptueux que sur 2018-2019. Il me tarde de voir ce que ça peut donner à l'évolution.

Très bien / 16/20


C'est parti pour les pizze autour de quelques rouges à la volée, cuvées sans chichis qui feront parfaitement leur office dans ce contexte bonne franquette.
Sacrilège, aucune n'est italienne !


Cave de Lumières, "Luminense", Ventoux Rouge

Plus de souvenirs du millésime mais récent. Ça tabasse, Rhône Sud dans son archétype avec un combo GSM assez extrait sur les fruits noirs très mûrs, prune, cassis, c'est agréable mais d'un style assez parkerisé, bouche comme attendu à l'équilibre alcool-tanins assez costaud mais pas mal fait. Longue finale sur les baies noires. Pour les amateurs du style Xavier Vignon par exemple, mais en Ventoux je préfère largement ce que fait la Martinelle si ça parle à certains, un opposé stylistique.

Bien + / 14.5/20


Personnellement plus convaincu par le suivant : 


Domaine Clavel, "Bonne Pioche", Pic-Saint-Loup 2019

Joli, bien typé de son secteur, on gère ici un millésime chaleureux en assumant une certaine richesse notamment dans le fruité noir assez "mat" qu'on retrouve du nez à la finale, mais il y a bien les marqueurs "nerveux" des belles Syrah sur ces notes sanguines, hémoglobine, cuir, charbon, en subtilité. Ça fait qu'on ne se lasse pas de sentir cette composition très unifiée, très cohérente, où on ne voit pas les coutures. La bouche parvient à proposer une fraîcheur bienvenue avec des myrtilles assez typiques.

Très bien - / 15.5/20


On enchaine sur un vin dont je n'attendais pas grand chose mais qui m'a finalement pas mal séduit, cépage qu'on rencontre finalement pas si souvent en 100%


Les Jamelles, IGP Pays d'Oc, Mourvèdre 2018

C'est franchement sympa, pas trop sudiste, bien travaillé sur les épices, le tabac, mais aussi une très belle floralité assez "rouge" et un tanin plutôt mesuré qui donne à la bouche beaucoup de fraîcheur, chose dont ne peuvent pas se vanter beaucoup de 100% mourvèdre. Beau rqp !

Bien + / Très bien - / 15/20


Et on finit, aussi aberrant que ça puisse paraître, par un Pinot Noir ligérien. Pour autant, ça fait plusieurs fois que je fais l'expérience de déguster un Pinot Noir fin et légèrement rafraichi après des quilles beaucoup plus lourdes, à l'encontre donc de l'ordre de dégustation classique et perçu comme logique, et de trouver néanmoins l'expérience très plaisante avec un côté rafraichissant du Pinot et pas de difficultés à faire valoir son aromatique pour autant.


Domaine Éric Louis, Vin de France "Pinot Noir" 2021

Très sympa, pour le même millésime et des origines proches c'est dans un style beaucoup plus fin et simplement beaucoup plus pinotant que le PN de la Cave de Mazenay. Robe translucide, nez de framboise acidulée et de jus de viande léger avec trace un peu ronce, tout ça fait très pinot de millésime frais, on n'y cherchera pas la matière ou la longueur mais c'est lisible et rafraîchissant.

Bien + / Très bien - / 15/20



Et voilà qui cloture cette sympathique édition, en espérant que la prochaine se fasse, cette fois-ci, dans de vraies conditions estivales !

Brieuc
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08 Mai 2023 10:49 #4

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"Le Rouge et le Blanc", petite bande d'amateurs bruxellois : #6
     
   
    
C'est reparti pour un tour. Entre un convive finalement tombé malade, les travaux chez les uns, la panne d'électroménager chez les autres, ça n'arrange finalement personne de cuisiner. Ça semble être l'occasion rêvée pour se la jouer plaisir coupable autour d'une institution, grand classique éminemment casse-gueule : le Cheese & Wine. Ainsi dit ainsi fait, Greg déniche un plateau pour 6 chez le fromager du coin qui s'avérera être une petite tuerie.

On commence par grignoter quelques petites crasses à l'apéro pour se mouiller la nuque, entre tapenade d'olives noires aux algues et biscuits au comté, on s'étalonne d'abord autour d'un grand classique du groupe (une - ... bon allez, deux - Gueuze Boon, valeur sûre, on n'est pas bruxellois pour rien), avant de faire la transition avec une curiosité fraichement ramenée de vacances :  



Ca' Tullio, Ribolla Gialla Brut

Non-millésimé. Proche de mon souvenir avec un aromatique peut-être moins terpénique mais toujours de l'agrume, citron, petite minéralité un peu cachet d'aspirine au nez, En bouche c'est simple, lisible, bulle équilibrée, assez monolithique sur le citron mais il y a juste ce degré d'acidité et de fraicheur qui était nécessaire pour recalibrer les papilles avant d'attaquer la suite.

Bien + / 14.5/20


On passe aux fromages dont je ne connais pas les noms exacts mais qui ont tous été de très bon niveau.
On décide de se mettre d'abord d'accord sur un ordre de succession des vins et d'accompagner avec la paire de fromages qui nous semble la plus pertinente avant de passer au vin suivant : ça impose une certaine rigidité et il n'y a du coup pas d'allers-retours entre les vins mais sans ça ça devient vite impossible à gérer.
Constat final : on a vraiment bien géré ça à mon sens et je n'aurais rien changé à l'ordre de service, à part peut-être intervertir les deux premiers vins, mais c'est pratiquement kif-kif.

On décide d'ouvrir en premier celui qui nous laisse le plus perplexe, vin inconnu au bataillon qui se révèlera être une très bonne surprise et effectivement un bon compagnon de fromages : merci au conseil de Passion for Wine, toujours très avisé et pratiquant comme toujours des prix fort honnêtes.



Domaine des Soulié, IGP Monts de la Grage, "Le Secret de Rémy" 2020

Assemblage du terroir de Saint-Chinian à dominante de chenin (!) assemblé avec Clairette, Bourboulenc, Grenache Gris et Rolle, avant de passer 12 mois sous bois. Le résultat est détonnant, avec un nez assez boisé comme annoncé et en fait très typé élevage Côte de Beaune à l'ancienne avec du pop-corn, de l'amande caramélisée, de la pomme au four qui rappelle qu'on a quand même une bonne dominante de chenin assez mûr. Si ça vous aide à situer ça m'a laissé une impression proche d'un moelleux de la Taille aux Loups qui aurait couché avec un Meursault old school, le tout bien sûr avec moins de fond et de complexité. Mais si vous aimez ce genre d'élevage un peu putassier, c'est bonheur. On découvre avec plaisir que la bouche est néanmoins bien sèche, sans lourdeur, canalisée autour d'une petite acidité sur la pomme mûre et toujours ce cortège boisé assez réconfortant. Pour à peine 12€ c'est assez bluffant et je serais curieux de le mettre en pirate dans une série de Bourgogne blancs. Le RQP me fait pousser jusqu'à ...

Très bien / 16/20


L'accord fonctionne très bien sur l'Aurélie (une buche de chèvre affinée bien grasse produite en Belgique) et sur un brebis pâte dure très équilibré et pas trop salé.


On passe au second vin, mon apport. C'est assez cocasse car en réalité ce vin joue en partie sur les mêmes codes aromatiques que le précédent, sans être redondant pour autant, et l'effet de séquence accentuera les différences. Je l'ai goûté pour lui-même, à température de cave, quelques heures avant, et je suis totalement tombé sous le charme de ce ...



Domaine Pierre Vessigaud, Pouilly-Fuissé "Vers Pouilly" 2018

Un des deux "crus" de Vessigaud à l'époque avec Vers Agnières : depuis l'agrément des premiers crus ils sont respectivement dénommés par le climat classé dont ils font partie, Les Reisses pour Vers Pouilly et Les Vignes Blanches pour Vers Agnières, tous deux sur le secteur de Fuissé.

On a beaucoup critiqué Vessigaud par le passé pour des vins boisés, old school, ne cherchant pas la sacro-sainte tension. Il en faut pourtant pour tous les goûts, et les miens sont ravis avec cet ex-futur 1er cru cueilli à point. Nez splendide, à l'aveugle c'est direction Meursault à bride abattue. Sésame, pop-corn, amande caramélisée, crème épaisse, tarte tatin, beurre frais. Bouche bien canalisée, plus citrique et saline, toujours une touche de pomme au four qui signe 2018 mais sans que ce soit un instant signe de faiblesse ou de lourdeur, cela car une acidité miraculeuse pour le millésime vient tenir l'ensemble sur un équilibre idéal entre richesse assumée (on ne change pas sa nature) et empreinte du terroir. Très belle longueur sur le yaourt, le citron et la tourbe.

J'espère que vous avez tous bien profité de l'époque où le Maconnais proposait des rapports qualité-prix pareils parce qu'avec le classement premier cru et l'augmentation du foncier qui parait-il est, en pourcentage, la plus vertigineuse de Bourgogne sur ces trois dernières années, il n'est pas certain que ça reste longtemps comme ça. Acheté prix caviste pour moins de 25€ à l'époque, allez trouver un RQP comme ça en Côte de Beaune !

A boire dans les 3 ans je dirais car l'équilibre et l'expressivité me semblent parfaits et 2018 en blanc n'est de toute façon pas un millésime, à mon sens, de garde (à pondérer selon les crus bien entendu).

Excellent - / 17/20

L'accord avec le comté 12 mois et une tome de vache douce est aussi classique qu'efficace.



Changement de direction cette fois-ci avec un classique alsacien qu'on est nombreux à connaitre autour de la table depuis notre passage groupé au domaine il y a deux ans :



Domaine Rolly Gassmann, Riesling Silberberg de Rorschwihr 2014

Vraiment top, proche du souvenir que j'en avais en dégustation au domaine. Les sucres résiduels importants mais équilibrés que Pierre Gassmann laisse à la vinification permettent forcément à ses vins d'avoir un effet "planeur" jusqu'à un optimum de maturité assez lointain dans le temps, d'où l'idée très noble de proposer les vins à la vente à maturité. Noble, oui, mais risquée, puisqu' une dégustation (pantagruélique) au domaine montre bien que parfois, ce n'est pas concluant sur la ligne d'arrivée. Mais ici, ça l'est ! Bientôt 10 ans pour ce Riesling au nez typique de résine, de propolis, de menthe séchée, de pétrole. Bouche fine, plus vive, à l'équilibre sucre-acide optimal. Beau rapport qualité prix. Un peu moins de fraicheur pimpante sur la menthe fraiche que dans mon souvenir mais vraiment très bien.

Très bien + / 16.5/20


Excellent accord avec un bleu du Queyras d'anthologie (hyper fermier et très profond sans être trop porté sur le sel, vraiment top), un peu moins convaincant avec le Chabichou très sec qui, respectable pour ses qualités propres, n'a finalement trouvé aucun compagnon heureux dans la soirée (il aurait sans doute mérité l'intervention d'un Sancerre).


On finit avec deux rouges qui se frotteront tous les deux avec beaucoup de succès à la même dernière paire de fromages : un brie de Meaux au top et un Taleggio truffé à se damner.



Domaine Hervé Villemade, Cherverny Rouge 2022

Très jeune et solaire que ce vin qui commence un peu foufou, servi un peu chaud, avec des notes gamay réduit initiales sur le pneu qui vont finir par s'estomper et laisser une belle place au fruit, avec énormément de cerise noire et un côté néamoins toujours un peu mat, mais efficacement estompé au contact du Taleggio truffé. Dans l'absolu ça manque un brin de finesse et d'acidité pour moi mais avec un peu de patience et un service un peu plus frais ça fera le job. A boire en mangeant.

Bien + / 14.5/20



Le Rocher des Violettes, Touraine Cabernet Franc 2018


Ce Cabernet Franc de haute densité est encore dans ses langes après 4 ans (!) d'élevage au domaine dont trois sous bois, pour un jus titrant ... 15°C au beau milieu de la Loire. Y a plus de saisons ma bonne dame. Pour autant l'ensemble ne fait aucunement boisé ni alcooleux pourvu que la température de service soit maitrisée, et il y a déjà une belle patine. L'ensemble du vin dégage une impression de profondeur sombre, avec un nez peu variétal et très dense sur le charbon, les épices, un soupçon de paprika en effet mais pas de poivron criard, de fruit noir enfoui et du cèdre. La bouche est vineuse, sombre, pas sans rappeler un équilibre de Syrah ou de Tempranillo. Beau vin dense, à attendre.

Très bien - / 15.5/20


Cette belle dernière quille a d'ailleurs été ramenée par un couple de comparses qui l'ont goutée lors d'une dégustation au domaine le mois passé où ils se se greffés à la dégustation programmée par ... deux membres LPViens visiblement ! Apparemment un Belge et un Français. Qui cela peut-il bien être ? N'ayez pas peur 


Bref, voilà qui cloture une édition particulièrement réussie avec une quasi-totalité d'accords réussis et un niveau moyen franchement au top pour les vins. On en reveut !

Allez, je rends l'antenne et je retourne à ma tisane détox 

 

Brieuc
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25 Aoû 2023 14:02 #5

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"Le Rouge et le Blanc", petite bande d'amateurs bruxellois : #7
  
Ça faisait longtemps, on est reparti pour un tour.

Sans ménagement par manque de temps dernièrement je vous dirai juste qu'on a une fois de plus passé un super moment en excellente compagnie vinique, 

On commence par une petite originalité à l'apéro :

Fabien Jouves (Mas Del Périé) - Vin de France NDD (Nectar des Dieux)

Pas millésimé mais dernière mise en date très probablement, acquisition toute récente d'un pote.
Assemblage Cinsault, Grenache, Malbec, Muscat.
Voilà qui fonctionne très bien, c'est équilibré, sans tanin, belle couleur comme un rosé de saignée, c'est en même temps un peu multidirectionnel mais quand même très net sur de belles senteurs de fruits frais type grenade ou même un peu pastèque, des notes florales évoquant le ceriser, des épices, une chouette acidité, c'est bien sec et frais, une forme "d'ovni conventionnel" car à la fois atypique sans pour autant être clivant, ça descend tout seul.

L'accord sur des feuilletés apéritifs fêta-épinard-grenade-pistache est juste nickel, ils sont faits pour s'entendre.

Bien + / Très bien - / 15/20


On enchaine sur une entrée à base de fromage de chèvre et de friture de polenta, bien "comfort food" pour commencer l'hiver, avec deux blancs aux deux extrémités de la Bourgogne :


La Chablisienne, Chablis "Dame Nature" 2019

Un de mes apports, je l'ai déjà chroniqué ici mais je vais le refaire pour enfoncer le clou. C'est toujours vraiment top, pour le prix en plus c'est chaudement recommandable, parvient à ne pas tomber dans l'écueil de la surmaturité de 2019 qui en a pourtant frappé beaucoup, et pas que des seconds couteaux. Outre son fruité mûr, cette cuvée représente un petit peu le triptyque que la Chablisienne propose sur quasi toutes ses cuvées : 1) une typicité chablisienne très présente et très lisible, on ne peut pas passer à côté, 2) une forme de classicisme et un côté "sans surprise" qui est à double tranchant et 3) des supers prix.

Très bien / 16/20

Lequel est suivi par : 

Domaine Cheveau, Macon Solutré-Pouilly "Sur le Mont" 2020

Je vous recommande de l'attendre patiemment car, sur ce grand millésime 2020 pour les blancs du Maconnais (voire de toute la Bourgogne, Chablis excepté peut-être), ce vin n'est pas encore tout à fait prêt. On le sent en effet encore sur la réserve aromatiquement parlant, avec ceci dit il faut le dire un côté typiquement anti-exubérant et épuré à la base qui est la signature du domaine à mon expérience (on peut confondre leurs Pouilly pour des Chablis !). Beau Macon fin, gras, salin, sur les oléagineux.

A attendre et à ne pas boire trop frais.

Très bien - / 15.5/20


On passe ensuite sur un "boeuf" bourguignon végétarien assez convaincant accompagné d'une purée à la sauge à se damner.

Deux rouges vont s'y frotter, le premier desquels va mettre tout le monde au pas.

Domaine Jean-Michel Guillon, Côte de Nuits-Villages "Queue de Hareng" 2017

Petite tuerie que ce CDNV sur un millésime que je continue à adorer en Bourgogne. Quelle alchimie entre d'une part le côté pinot 2017 sur les fruits rouges et noirs frais, "pinotant" (pourquoi compliquer la description alors que ce seul mot suffit ?), les fleurs notamment la violette, et en parallèle cet élevage ambitieux mais extrêmement réussi qui donne tout ce cortège de notes fumées et empyreumatiques, presque Cote-Rotie, qui se fondent néanmoins parfaitement et n'entravent jamais la fraicheur de bouche !

Assez bluffant, j'ai cherché à voir ce que ça pouvait valoir sur le net mais n'ai trouvé nulle part où m'en procurer, et le fil du domaine ne mentionne quasi jamais cette cuvée. Quelqu'un a des infos ?

Excellent - / 17/20 - et j'ai dû résister pour ne pas mettre 17.5


On arrive sur une bouteille qui arrive un peu tard dans la soirée sur des palais fatigués mais qui, pré-ouverte chez moi quelques heures avant et goutée pour elle-même, envoyait du lourd également.


Mas Saint-Louis, Chateauneuf-Du-Pape Tradition 2016

Très belle bouteille dans la force de la jeunesse, 2016 pourra bien sûr être attendu longtemps, mais quitte à vouloir profiter de son fruit et de sa démonstrativité, ce n'est pas un crime que d'y aller maintenant. Nez sur le grenache mûr, un peu chargé et légèrement alcooleux mais joli et surtout changeant entre les fruits noirs initialement puis plus de fraise surmurie, de la confiture de vieux garçon, de l'hibiscus, une bouche à l'alcool confortable mais pas excessif, super texture pleine, ça envoie, c'est expansif, aromatique intense et changeante hibiscus, fraise mûre, épices douces, orange sanguine, finale nette avec un retour floral assez bluffant.

Très bel emblème de Chateauneuf, à boire sur ce côté flamboyant de jeunesse ou à garder car je pense personnellement que la matière est là pour tenir sans problème (reste à voir où va partir l'aromatique).

Très bien + / 16.5/20 et là un peu comme avant on est proche du 17, comme expliqué ne s'est pas forcément aussi bien comporté sur un palais frais qu'en fin de soirée.


Et puisqu'on n'est pas à une excentricité près, on décide comme on le fait parfois de se rafraichir un peu les dents en finissant sur quelque chose de plus vivifiant.


Le Rocher des Violettes, Montlouis-sur-Loire "Le Grand Clos" 2021

Peu de complexité et de richesse dans ce chenin au profit d'une très grande fraicheur, ça va être diabolique en été tellement c'est désaltérant, il faut apprécier ce millésime 2021 pour ses qualités propres plutôt que de regretter ce qu'il ne peut avoir. Nez et bouche en continuité sur un jus minéral, fin, frais, acide, mélange de craie, pomme verte acidulée, citron, raisin blanc frais, jasmin, tout est bien dans le chenin.

Très bien - / 15.5/20


Encore une super soirée, bons copains, bonne ambiance, bonne quilles, il n'en faut pas beaucoup plus.
Mention spéciale au Côte de Nuits-Villages de Greg dans un style que certains ici trouveraient certainement trop démonstratif au niveau élevage, mais qui a fait l'unanimité ce soir.

On redescend dans l'arène dans six semaines !


 

Brieuc
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02 Déc 2023 00:56 #6

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Une fondue bourguignonne végétarienne, je sais ce que c'est: des frites
Une ratatouille de viandes, j'imagine...
Mais un "boeuf" bourguignon végétarien???
Merci pour le CR

LEON213
02 Déc 2023 14:31 #7

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Le prix public du Queue de Hareng au domaine Guillon se situe autour de 28€ TTC. Les vignes sont à Brochon.
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02 Déc 2023 14:41 #8

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Une fondue bourguignonne végétarienne, je sais ce que c'est: des frites
Une ratatouille de viandes, j'imagine...
Mais un "boeuf" bourguignon végétarien???
Merci pour le CR

Disons que c'était un essai en remplaçant la viande par une préparation maison qui essaye d'en imiter la texture (on est beaucoup dans le groupe à ne manger que très rarement voire jamais de la viande d'où ces adaptations !), en l'occurrence Charles avait fait un mélange avec de la pâte de miso, du tofu et/ou du seitan, pas mal d'épices etc et avait réussi à mouler ça en quenelles qui se tenaient la cuisson pour que ça se tienne en morceaux, c'était pas mal mais encore perfectionnable :) par contre les légumes, la sauce etc tout ça reste similaire

Brieuc
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03 Déc 2023 18:50 #9

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