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Quedubon s'enjaille chez Romain

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Quedubon s'enjaille chez Romain a été créé par legui

Un message désespéré au milieu de la nuit : Romain se retrouve esseulé un samedi soir, et appelle au secours. Ni une ni deux, la team Quedubon accourt !
Et ça donne une soirée joyeusement bordélique, où il a (beaucoup) été question de vins, mais aussi un peu de punk (!), de blues (!!) et de paté croûte (!!!). Bref, de l'essentiel.
Allez, c'est parti !

 

On démarre par une triplette de bulles.
Un premier champagne, domaine de Bichery, les terres mêlées : une robe légèrement saumonnée, une attaque en bouche un peu grassouillette, mais une finale bien astringeante. Un certain déséquilibre donc, pour une impression mitigée.
Puis ce Champagne de Pascal Hénin, Blanc comme neige. Passé un premier nez assez curieux, "un peu moisi" ai-je noté, arrive une acidité galopante qui emmène tout sur son passage. Je n'aime pas du tout. Il paraît que c'est la hype du moment, je suis définitivement un boomer.
Dernière bulle, un Crémant du Jura de Marie-Pierre Chevassu. Un nez riche, qui sent le sucre de canne, un jus trop dosé, dommage... Pour le prix c'est honorable ; dans l'absolu ça casse pas trois pattes à un canard.

 

Changement de balles, voici les blancs.
Curieux, ce Jurançon sec du domaine Camin Larredya, la Part d'avant, 2021 : un nez riche, une impression de sucrosité, une énorme acidité finale. On était tous sur un chenin... c'est raté. Pas très reconnaissable en tout cas, il ne laissera pas un gros souvenir.
Ca ne s'améliore pas avec ce Côtes du Jura, Maison des Saules, la Madeleine, 2022 : le nez fait très nature, tout ce que j'aime ;) c'est mûr, mais sans plaisir. Paraît que c'est un tout jeune domaine à suivre, pour ma part j'aurais plutôt tendance à fuir...
Le dernier blanc, IGP Hérault, domaine de Montcalmès, Chardonnay, 2012, nous aura bien fait voyager. Au premier nez, je suis tout fier d'annoncer : "maison !" Pour moi c'est un joli blanc de la côte de Beaune, qu'il est temps de boire, la fin de bouche est clairement sur l'oxydation. Plus au sud, répète inlassablement l'apporteur. Un Beaujolais blans alors ? Plus au sud ! Naaan... on s'est bien plantés. Peut-êtr eaurait-il mieux valu le boire plus jeune tout de même... 

 

Les rouges désormais :
Santenay, domaine Benoît Girardin, 2021. Comme quoi il ne suffit pas de porter un patronyme célèbre pour faire bon ; à moins que l'effet millésime n'ait encore frappé... Un nez de petits fruits rouges pas totalement mûrs, une grosse austérité acide en bouche... Courage fuyons.
Cet Alsace pinot noir, Vignoble des trois terres, chemin du soleil, 2019 ne me réconciliera pas encore avec les pinots d'Alsace. On ne peut pas incriminer le millésime cette fois, peut-être un manque de savoir-faire alors ?
Pour se réconcilier, retour aux sources, avec ce Chambolle-Musigny du domaine Ghislaine Barthod, 2015. Aaaah enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes ! C'est très mûr, très fin... si on veut chipoter un peu on peut dire que ce n'est pas encore totalement en place, et qu'il vaudrait mieux garder ses soeurs quelques paires d'années...
Tiens, un Bordeaux maintenant ! Mais pas n'importe lequel, Saint-Julien, Chateau Talbot, 1985. De quoi se réconcilier avec la région, ça ! Le nez est magnifique, d'une complexité folle, sur le menthol, le tabac, le sous-bois. En bouche, pas un pet' de géranium, de sous-maturité. Il y a quelques arômes de pruneaux cuits, et une longeur magnifique... 
Difficile de passer derrière, encore plus quand le vin est caricatural. Cette Côte-Rôtie du domaine Duclaux, la Germine, 2018, n'avait pas grand-chose pour elle... Un nez ultra-puissant sur la torrefaction, une bouche trop dure... See you dans une dizaine d'années si jamais ça se calme !
Le dernier rouge paraît presque plus civilisé, même s'il est lui aussi bien puissant. IGP Hérault, Mais Laval, Grande cuvée, 2009. Du pruneau lui aussi, bien assagi, et une volatile qui tient l'ensemble. Assez curieux. Je n'en boirai pas des litres, mais ce n'est pas totalement désagréable...

 

Avant les douceurs, puisqu'on joue à domicile... un oxydatif, un Côtes du Jura du domaine Mossu, Savagnin 2014. Un vin très délicat, petitement oxydatif en fait. Parfois ça emmène tout sur son passage, parfois c'est tout en douceur. Très étonnant, très digeste, bref très agréable !

Pardon pour les notes qui deviennent de plus en plus parcellaires... Un Sauternes, Chateau Doisy-Daene, 2005 (en demi-bouteille) a fait le job sur le dessert ; certains lui ont reproché un léger manque de complexité, un manque d'acidité qui aurait pu servir de colonne vertébrale. Moi, j'ai plutôt siroté.
C'est sûr que le Tokaji Aszu, Disznoko, 5 puttonyos, 2007, a tout emmené sur son passage. Un monstre de puissance, tenue pour le coup par une acidité assez redoutable. Gros plaisir, dans un style assez opposé.
Un Porto pour finir, Graham's Late bottled vintage 2009. Muté sur grain donc, ce qui permet de garder un fruit éclatant. Très chouette, un peu tannique tout de même... 

Guillaume
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05 Déc 2023 10:59 #1
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Réponse de mconstant sur le sujet Quedubon s'enjaille chez Romain

Quedubon s'enjaille chez Romain


Jeudi en vue, le week-end arrive et son Grand Tasting, donc déjà un week-end chargé de dégustation sur salon. Vendredi, rien ne va plus, une invitation de Romain, quelques membres motivés et c'est parti pour une dégustation improvisée le samedi soir. 

Encore une fois, une superbe ambiance gravitant sur des sujets divers avec une musique de dingue en toile de fond. 

On est pas venu là non plus pour enfiler des perles : 
Vin 1 : Domaine de Bichery, Champagne, Les Terres Mêlées
Le nez est sur un léger fruits rouges, un petit pain grillé et du citron confit qui donne au tout un côté mûr. Le fruit rouge m'oriente aussi vers le Pinot noir et si ce n'est pas d'une complexité absolue, c'est plutôt sympa. 
La bouche déroule une matière assez fine sur des petits fruits rouges croquants mais manque un peu d'acidité/de tranchant pour être parfaitement équilibrée et la finale va sur des amers. La longueur est moyenne et l'ensemble assez peu complexe. 
Un champagne qui fait tout juste le job pour se faire la bouche, sûrement à apprécier plutôt sur un repas et peut-être lui laisser quelques années de vieillissement. 

Vin 2 : Champagne Pascal Henin, Blanc comme Neige, NM
Le nez est sur le jus de citron vert et un côté herbacé qui me rappelle certains bouillons de pho (soupe vietnamienne). Un nez presque dérangeant avec beaucoup de gaz qui disparaît à l'aération mais aussi une sensation d'acidité élevée. 
La bouche confirme ce nez avec une matière légère combinée à cette acidité folle sur des aromes de jus de citron vert. Longueur courte, on avale et une fois la violence de l'acidité passée, c'est déjà terminé. 
Pour l'instant, toutes les bouteilles bues des Henin me poussent à garder mon argent. 

Vin 3: Domaine Marie Pierre Chevassu Fassenet, Crémant du Jura
Le nez fait directement plus riche sur une légère pomme rôtie avec une sensation presque sucrée (après les deux champagnes cisterciens) et de l'orange confite. Plutôt sympa même si encore une fois assez simple. 
La bouche est elle aussi confortable avec une sensation enveloppante sur la pomme rôtie, une légère amertume en finale et une longueur faible. Le dosage se fait un peu sentir mais est sûrement lié aux vins précédents. 
Plutôt sympa que je vois très bien pour l'apéro. 

Vin 4 : Domaine Camin Larredya, Jurançon Sec, La Part d'Avant, 2021
Le nez me fait partir directement sur le chenin avec du coing, du zeste d'orange et une sensation de belle maturité. Ca fait très jeune et mûr. 
La bouche présente une attaque avec une bonne acidité, un milieu de bouche confortable et presque gras sur le citron et le zeste d'orange et une finale presque sucrée (laissant penser à du SR). Longueur moyenne.
Déception à la levée de la chaussette, je n'ai pas du tout reconnu le Jurançon et le domaine . 

Vin 5 : Maison des Saules, Côtes du Jura, La Madeleine, 2022
Le nez est droit et traçant, du citron frais, un léger fumé. J'aime bien dans un style sur l'acidité assumé. 
La bouche présente une belle acidité en attaque, sur le citron frais et l'acidité va porter le vin comme une colonne vertébrale jusqu'à une finale sur les bonbons acidulés. La longueur est bonne (20 secondes). 
Plutôt un beau vin. 

Vin 6 : Domaine de Montcalmès, Hérault, Chardonnay, 2012
(Mon apport) Le nez est très joli même si l'évolution est marquée avec un mélange de sésame, de miel d'oxydation, de citron confit. L'ensemble présente une belle complexité et donne un vin très joli. 
La bouche présente une fine acidité en attaque, du citron confit en milieu de bouche, un certain gras et une bonne longueur sur le citron confit et une finale miellée. On pourrait lui reprocher un manque d'acidité dès le milieu de bouche. Cueilli à maturité selon moi, je peux comprendre que certains diraient qu'il est à la limite voire passé. 
J'ai pris un certain plaisir avec ce vin. 

Vin 7 : Benoit Girardin, Santenay, 2021
Le nez est sur de fruits rouges, un léger végétal et aussi du floral. C'est très léger et fait pinot noir nature. 
La bouche présente une grosse acidité sur les petits fruits rouges et une sensation de sécheresse qui prend dès le milieu de bouche et l'ensemble possède une faible longueur. 

Vin 8 : Domaine des 3 Terres, Alsace Pinot Noir, Chemin de Soleil, 2019
Le nez est sur le noyau de cerise, un léger végétal mais aussi de la volatile et un côté orange sanguine que j'apprécie beaucoup. 
La bouche présente une matière assez fine, délicate sur les fruits rouges et un côté rond jusqu'en finale où les tannins restent un peu serrés. Longueur moyenne. 
Un peu moins bien sorti que mes précédentes rencontres, à noter que la bouteille le lendemain était complètement sur le vernis et imbuvable. 

Vin 9 : Domaine Ghislaine Barthod, Chambolle Musigny, 2015
Le nez me plait d'emblée sur le fruit noir, le noyau de cerise, de légères épices. Très joli et un côté très pinot noir mur. 
La bouche présente un super équilibre, une belle acidité qui tient le vin et qui permet aux arômes de cerise noire d'emplir le palais. La longueur est bonne (20/25 secondes) et l'ensemble est équilibré/sapide ce qui donne l'envie de se resservir. 
Première rencontre avec cette productrice sur son Chambolle (goûté une fois son bourgogne il y a au moins 5 ans) et bien c'est une réussite. 

Vin 10 : Château Talbot, Saint Julien, 1985
Oh quel beau nez de bordeaux évolué, d'une très belle complexité sur l'humus, la rose, le fruit rouge, le petit végétal, du tabac. Un très très joli vin. 
La bouche présente une petite acidité en attaque et ensuite le fruit vient envelopper le palais avec une matière présente sur les fruits rouges et du menthol. En milieu de bouche, on sent quelques tannins d'une superbe finesse. Très belle longueur sur ces petits fruits rouges. 
Ça me fait plaisir de voir Bordeaux se comporter de la sorte. Clairement, parmi les plus beaux vins quand ils sont cueillis à maturité.

Vin 11 : Domaine Duclaux, Côte Rotie, La Germine, 2018
Le nez fait très maquillé avec du fruit noir compotés mais surtout du café trop torréfié et du caramel. Presque Nouveau Monde. 
La bouche est elle aussi concentrée, ronde sur ces arômes de fruits noirs compotés et une finale qui chauffe. L'ensemble possède tout de même une bonne longueur mais difficile de boire ce vin pour mon palais. 
Surprise à la levée de l'étiquette, je connais pourtant bien cette cuvée et ne reconnaît pas la facilité d'approche précédemment trouvée (je ne sens même pas la syrah ici). 

Vin 12 : Domaine Mas Laval, Terrasses du Larzac, Grande Cuvée, 2009
Le nez présente une légère volatile, du fruit noir assez présent et même un très léger poivron cuit. Je trouve le nez assez joli et à l'aération des notes de pruneau sont aussi discernées (signe du sud pour moi).
La bouche est bien faite, clairement avec une matière présente, des fruits noirs, une bonne longueur. Rien à redire sur ce vin même s'il ne me laissera pas un grand souvenir. Si l'on n'est pas un pdf, cela est plutôt un bon vin, à maturité et bien équilibré.

Vin 13 : Domaine Mossu, Côtes du Jura, Savagnin, 2014
Le nez est très clairement oxydatif avec de la noix mais aussi de la pomme et du citron. Moins "violent" que d'autres oxydatif goûtés. 
La bouche est plutôt fine, sur des arômes de noix au départ mais le fruit transperce cette carapace et dévoile des notes de citron confits en finale. Belle salinité et l'acidité lave ce côté parfois un peu violent des oxydatifs. 
Même si ce n'est pas mon style de prédilection, j'ai trouvé ce vin plutôt agréable. 

Vin 14 : Château Doisy Daene, Barsac, 2005 
Le nez est joli sur un petit rôti, de l'abricot et des agrumes confits. Tout ce que j'attends de certains sauternes. 
La bouche présente une matière dense, enveloppante sur l'orange confite et une finale sur le rôti. Léger manque d'acidité qui m'oriente vers sauternes et une belle longueur.
Un sauternes tout à fait conforme aux attentes mais un léger manque d'acidité pour ce château. 

Vin 15 : Diznoko, Tokaji Asju, 5 Puttonyos, 2007
Le nez présente un mélange de fumé, d'abricot et de sparadrap qui lui donne de la complexité. C'est très sympa. 
La bouche présente une acidité importante présente dès l'attaque donnant une belle fraîcheur à l'ensemble et des arômes de fruits confits. La finale présente elle aussi une belle fraîcheur rendant le vin gourmand et digeste. 
Difficile pour les sauternes d'avoir cet équilibre, j'aime beaucoup ces tokaj. 

Vin 16 : Graham's, Porto, LPV, 2009
Pas de notes mais le souvenir d'un beau vintage avec du fruit kirsché, un bel équilibre, une belle longueur. Surprise que ce ne soit qu'un LBV.

Déjà la fin de cette très jolie soirée. Toujours un plaisir de se revoir et hâte d'être à jeudi pour la prochaine.

Pour moi les deux vins de la soirée sont assez facilement trouvés : Montcalmes Chardonnay en blanc et Talbot en rouge. Et ne pas oublier les sucres qui étaient tous excellents.

Matthias
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06 Déc 2023 19:08 #2

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