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Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

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Réponse de Eric B sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Alors qu'au contraire, j'ai pu remarquer des divergences majeures et que je ne peux pas justifier, quand je déguste avec des gens "qui s'y connaissent"

Tiens, ça me rappelle la grosse divergence qu'il y a eu dimanche chez Jean-Loup sur Poyeux 2007. Pour certains, un vin fluet pas très intéressant, pour d'autre une merveille de finesse d'une précision incroyable. Et qui me rappelle une autre dégustation 100 % Grenache à Bordeaux il y a une petite dizaine d'années où Rayas 2001 était jugé dilué et sans intérêt pour certains, grand pour d'autres.

Eric
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14 Nov 2018 12:35 #31

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Réponse de mauss.th sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Les contraintes liées au fait d'organiser cette dégustation ont fait que je n'ai pas pu, loin de là, goûter les vins avec la même quiétude et concentration que les autres participants. Je ne suis pas capable de vous fournir des commentaires complets et précis de dégustation vin par vin et, évidemment, je n'ai pas gouté à l'aveugle.

Comme l'a justement fait remarquer un dégustateur, le challenge du cabernet sauvignon, c'est de maîtriser cette masse de tanins et offrir un vin élégant. C'est dans cette optique aussi que j'ai dégusté les vins.

J'ai personnellement beaucoup apprécié les vins suivant:
- l'autrichien, pour sa justesse dans l'extraction et l'élevage, sa précision aromatique et son délié de bouche. Ce vin m'a donné le sentiment d'être ultra maitrisé et surtout de rendre la meilleure image possible de ce terroir et de cette année. Aucune sècheresse tannique, vraiment bien fait, de la classe et de la race.
- le californien présentait également un grand savoir-faire, avec une matière plus concentrée (pas loin du full bodied), mais pleine de fraîcheur, de la précision et de la classe aromatique, avec ces fruits noirs très frais. On est loin d'une caricature nouveau monde bodybuildée et sucrée.
- l'argentin: à l'ouverture, deux familles de bouteilles, avec une un peu plus fatiguée bien que ne présentant aucun défaut rédhibitoire. Sur les meilleures bouteilles, ce vin est impressionnant. Il y a vraiment du fond, de la complexité avec énormément d'arômes (des fruits noirs, aux épices et aux notes boisées très bien intégrées). Il a un côté un peu décadent et froufrouteux peut-être qui le dessert dans cet exercice, à côté des exemples européens les plus fins, comme un manque de retenue. Mais force est de reconnaître qu'il y a vraiment du vin dans le verre, et bû pour lui seul sur une belle côte de boeuf, je pense que c'est l'assurance d'un très beau moment.

Voila mon trio de tête, avec sans doute l'autrichien en haut.

Je me suis rendu dans la vallée de la Bekka cet été et au domaine de Baal, et obligatoirement, je ne suis pas totalement objectif sur ce vin, mais je trouve Oliv sévère. Ayant vu ce terroir, four solaire antique enfermé entre le Mont-Liban et l'Anti-Liban, je sais que je ne peux en attendre qu'un vin chaleureux. Et tous les vins que j'y ai gouté avaient ce côté cuit, non pas sur le pruneau mais sur un côté très bien décrit par Oliv qui est la pâte de fruits noirs. Cependant, dans le nez de ce Domaine de Baal, je trouve une fraîcheur mentholée qui balance bien tout cela, des épices et de l'encens, et un côté résineux de conifères. La bouche attaque sur un volume important, avec ces goûts de fruits noirs travaillés et une sucrosité certaine, mais que je trouve bien mobilisés par une trame tannique classe qui resserre et emmène et étire le vin jusqu'à la finale. Pour moi c'est un beau vin, et peut-être celui qui a le plus la gueule de l'endroit (avec le Chili).

Sur le chilien, je rejoins Oliv en tout point, si ce n'est que ce côté incroyablement cassis du nez m'a moi amusé: c'était la première fois que je dégustais un "grand" vin chilien, et ce combo cassis/crème de cassis d'une telle exubérance avec l'eucalyptus était original. Mais j'aurais souhaité que la bouche se ressert et offre de la classe, là-non. Un peu caricatural, mais amusant de constater que les indiens notamment ont beaucoup apprécié ce vin.

Je range l'allemand et le sud africain dans la même catégorie, avec une légère préférence pour le sud-af: de très bons vins, qui ont joué le pari de la finesse...avec succès si l'on considère le côté gracile mais intense de la matière, et un très joli délié de bouche sans aucun trou du début à la fin...mais je regrette les élevages, qui marquent pour moi de manière trop forte les vins, sur le fumé pour l'allemand et un fumé/café sur le Rupert. De même, les finales sont chahutées par des tanins du bois un peu trop carrés à mon goût, qui assèchent (un peu) le palais. Très chouette, mais aurait pu être grand, et a sans doute été grand dans un millésime plus justement boisé pour mon palais.

L'italien m'a un peu déçu, car gouté sur le millésime 2001, c'était un vin majestueux, d'une classe, race et d'une élégance folle. Sur le papier, il ne me semblait pas impossible qu'il rafle la mise dans la dernière ligne droite. Ce fut le cas en général, mais pas chez moi, ou j'ai trouvé la structure tannique du vin trop présente, sur une extraction qui manquait de justesse. Les goûts, la fraîcheur et la profondeur étaient plutôt là, mais la forme, trop carrée en bouche, m'a (un peu) déçu.

L'ukrainien...c'était ma surprise, le côté vraiment inattendu, c'est un domaine que j'ai gouté plusieurs fois en primeurs car il fait partie des clients de Derenoncourt. Ils sont situés sur des sols-sableux, avec un sous-sol argilo calcaire. Ce qui m'avait plu, c'était le côté complètement inattendu de l'Ukraine, et ces vins qui acceptent leur terroir sableux, et ne cherchent pas à concentrer ce qui ne saurait l'être. Ils ont un côté très fin et des tanins microscopiques, je ne connais pas beaucoup de vins de cabernet sur sols sableux, je me suis dit banco. Ils ont présenté une cuvée plus ambitieuse que ce ce que j'avais gouté, donc plus boisée, plus élevée...et on perdait un peu ce côté très fin du sable, dommage, car leur merlot, je vous le dis, m'a évoqué les vins d'Emmanuel Reynaud. Il y avait donc un côté un peu caramel/lactique au nez qui n'était pas le plus séduisant, mais la bouche avait tout de même une jolie trame, de la finesse en milieu de bouche, mais cela finissait moins bien...1 personne l'a tout de même mis en médaille d'Or!

Enfin, je n'ai pas envie de développer sur le fait que toutes les bouteilles du français présentaient un caractère phénolé plus qu'appuyé, finalement le seul vin pas net de cette dégustation. Cela se passe, vraiment, de commentaires.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: claudius, oliv, Jean-Paul B., Eric B, aquablue, hyllos, jean-luc javaux, peterka, Jean-Loup Guerrin, LADIDE78, Cédric42120, o_g, Frisette, leteckel, éricH, Kiravi
14 Nov 2018 12:45 #32

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Réponse de Eric B sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

je ne connais pas beaucoup de vins de cabernet sur sols sableux,

Sable pur, c'est assez rare. Mais les sols sablo-graveleux sont assez courants dans le Médoc (mais les vins qui en sont issus sont souvent assemblés à des lots plus puissants). J'aime beaucoup ce style de vins tout en finesse.

Eric
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14 Nov 2018 13:08 #33

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Réponse de hyllos sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Le Kollwentz est produit, si ma mémoire est bonne, sur des sols de "Loam", qui comporte une grosse proportion de sable. Disons sablo-argileux... a priori, les sols les plus "légers" du domaine. Les sols plus lourds, riches, étant réservés à Blaufränkisch. Il faudrait que je pense à demander des précision à Andi Kollwentz la prochaine fois que je le rencontre.
14 Nov 2018 13:17 #34

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Réponse de enzo daviolo sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

id est, ils arrivent à parasiter une dégustation en aveugle parce qu'ils arrivent ou pensent arriver à identifier un vin

sauf que dans le cas présent, ce n’était pas une dégustation à l'aveugle et tout le monde savait qu'il goutait du cabernet sauvignon. Donc forcément, tout le monde a été influencé par ses goûts au moins au regard du cépage. A l'aveugle total, pas sûr que tout le monde aurait retrouvé le cabernet sur tous les vins et donc n'aurait pas été influencé par son amour ou non du cépage.
Pour ce qui concerne les non connaisseurs, je remarque surtout un plus fort consensus car le spectre de connaissance est plus faible donc si l'on tape sur des vins peu originaux qui bousculent peu, on risque l'unanimité mais si on tape dans l'originalité de goût, ça risque moins d'être le cas.
14 Nov 2018 14:53 #35

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Réponse de hyllos sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Pour ce qui concerne les non connaisseurs, je remarque surtout un plus fort consensus car le spectre de connaissance est plus faible donc si l'on tape sur des vins peu originaux qui bousculent peu, on risque l'unanimité mais si on tape dans l'originalité de goût, ça risque moins d'être le cas.


Et bien détrompe-toi, par exemple l'an dernier, sur les vins non-ouillé, ça été très intéressant. Dans une série de blanc multiforme, il a été plébicité pour... son accord avec le comté... ça s'invente pas :D
14 Nov 2018 15:45 #36

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Réponse de enzo daviolo sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

c'est l'accord qui a été plébiscité pas le vin. sinon tu as toute les chances d'un 50/50.
14 Nov 2018 16:46 #37

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Réponse de leteckel sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Enfin, je n'ai pas envie de développer sur le fait que toutes les bouteilles du français présentaient un caractère phénolé plus qu'appuyé, finalement le seul vin pas net de cette dégustation. Cela se passe, vraiment, de commentaires.


Ce qui est étonnant, c'est de le voir plébiscité par la majorité des dégustateurs puisque si j'ai bien suivi il est arrivé sur le podium. Comment expliquer cette quasi unanimité sur un vin qui présente un (des) défaut(s) ?

ArnoulD avec un D comme Dusse
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14 Nov 2018 19:29 #38

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Réponse de mauss.th sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Il y avait dans l'assistance un nombre significatif de personnes rodées aux primeurs, et donc très rodées en Bordeaux. Pour ces personnes, retrouver Margaux était clairement un objectif de la dégustation, et ils ont été plusieurs à le reconnaître!
Je me demande s'ils l'ont reconnus grâce aux bretts...toujours est-ils que ces personnes là semblaient tout autant satisfaites d'avoir retrouver le vin que de l'avoir, évidement, bien noter. Le fait de reconnaitre le vin a t-il influencé les dégustateurs dans leur notes?

Margaux a récolté pas mal de médailles, mais se retrouve 3e dans un groupe très resserré avec le californien et l'argentin. La différence se fait aux médailles de bronze.

Enfin, force est de constater que certains ont fait des bretts leur madeleine de Proust. Je ne me l'explique pas!
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14 Nov 2018 20:02 #39

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Réponse de Jérôme Pérez sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Intéressant d'apprendre que l'un des meilleurs cabernets est issu d'un terroir riche en sable.
Le cabernet semble s'y plaire et y récupère au passage de l'élégance et de la fraîcheur. C'est en tout cas ce que je tire de mon expérience. Voilà un vin que j'aimerais bien croiser.

Jérôme Pérez
14 Nov 2018 20:10 #40

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Réponse de Kiravi sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Je vais sans doute poser une question de béotien, mais comment sont sélectionnés les invités ?
Je me doute qu'il y a une proportion considérable de professionnels très avertis faisant autorité.
Mais encore?

Marc, assez vieux débutant
14 Nov 2018 20:12 #41

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

On est pile dans le phénomène contre lequel personnellement j'essaie de lutter lorsque je goûte en aveugle.
Se focaliser sur la gloire d'attraper la queue du Mickey en identifiant le vin est une attitude amusante et rassurante quand on débute mais dont l'expérience apprend vite les risques quand on a pour perspective de mieux connaître ses goûts et donc de constituer une cave qui y corresponde.

Car on trouve très souvent un vin plus par ses défauts que par ses qualités.
Identifier un sauvignon pas mûr qui sent le buisson de buis après passage d'un vieux matou incontinent, un fourbe cabernet pas mûr qui sent le cimetière, un riesling estampillé raffinerie ou une syrah foxée comme un renard poivré, si ça flatte l'ego 30 secondes et permet de frimer devant les copains, le plaisir, il est où ?

Trouver le vin a bien moins d'intérêt que d'essayer de se trouver dans le vin.
Et face à la diversité des cépages, des terroirs et des vinifications, c'est un défi régulier pour l'amateur passionné que d'affronter cette multiplicité.
Autant tenter de se recentrer sur une variable plus unitaire : soi-même et son plaisir .::oups::

Je précise que je n'ai aucune prétention à avoir raison dans l'affaire...
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: claudius, Gildas, Jean-Paul B., enzo daviolo, hyllos, o_g, Kiravi
14 Nov 2018 20:18 #42

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Réponse de lugdunum sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Identifier un sauvignon pas mûr qui sent le buisson de buis après passage d'un vieux matou incontinent, un fourbe cabernet pas mûr qui sent le cimetière, un riesling estampillé raffinerie ou une syrah foxée comme un renard poivré, si ça flatte l'ego 30 secondes et permet de frimer devant les copains, le plaisir, il est où ?


:) et 100% d'accord !
14 Nov 2018 20:24 #43

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Réponse de Eric B sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Intéressant d'apprendre que l'un des meilleurs cabernets est issu d'un terroir riche en sable.

Ce n'est pas surprenant en soi. Le cabernet sauvignon a été engendré au sud du Bordelais très sablo-graveleux. Si au départ son croisement était accidentel (ses deux parents traînaient dans le secteur), il a attiré l'attention des sélectionneurs car il était très résistant à la sécheresse (contrairement à son "papa" le cabernet franc). Son développement coïncide avec celui du Médoc . qui avait besoin d'un tel cépage pour leur sols très pauvres. Tous les essais montrent que le cabernet sauvignon produit les plus grands vins lorsqu'il subit une contrainte hydrique forte (sans aller jusqu'au stress hydrique). Ce qui explique pourquoi les années exceptionnelles bordelaises sont très solaires.

J'ai eu l'occasion de boire en dégustation parcellaire des cabernets sauvignon issu de sols sablo-graveuleux. Cela donne des vins très tendus, à l'acidité fine et acérée comme un rasoir et aux tanins soyeux très aériens. Bus seuls, on peut trouver ça un un peu "léger" en terme de densité, mais j'aime plutôt bien :)

Eric
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14 Nov 2018 20:26 #44

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Je vais sans doute poser une question de béotien, mais comment sont sélectionnés les invités ?
Je me doute qu'il y a une proportion considérable de professionnels très avertis faisant autorité.
Mais encore?


Hors quelques rares convives invités par l'organisateur (dont je suis), l'évènement est sur inscription payante.
Il réunit des amateurs et des professionnels de 25 pays.
Si je me souviens ce que m'a expliqué le Président Mauss, 70% des inscrits à cette dixième édition avaient déjà assisté à au moins une édition du symposium.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Kiravi
14 Nov 2018 20:27 #45

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

J'ai eu l'occasion de boire en dégustation parcellaire des cabernets sauvignon issu de sols sablo-graveuleux. Cela donne des vins très tendus, à l'acidité fine et acérée comme un rasoir et aux tanins soyeux très aériens. Bus seuls, on peut trouver ça un un peu "léger"


Merci pour la traduction en langage terroir, Eric.

Pdf un jour, pdf toujours ! :oops:
Et pourtant, promis, je fais pas exprès !
14 Nov 2018 20:34 #46

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Réponse de RaymondM sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Il y avait dans l'assistance un nombre significatif de personnes rodées aux primeurs, et donc très rodées en Bordeaux. Pour ces personnes, retrouver Margaux était clairement un objectif de la dégustation, et ils ont été plusieurs à le reconnaître!
Je me demande s'ils l'ont reconnus grâce aux bretts...toujours est-ils que ces personnes là semblaient tout autant satisfaites d'avoir retrouver le vin que de l'avoir, évidement, bien noter. Le fait de reconnaitre le vin a t-il influencé les dégustateurs dans leur notes?

Margaux a récolté pas mal de médailles, mais se retrouve 3e dans un groupe très resserré avec le californien et l'argentin. La différence se fait aux médailles de bronze.

Enfin, force est de constater que certains ont fait des bretts leur madeleine de Proust. Je ne me l'explique pas!


Ai je bien compris ? Que certains reconnaissent Margaux à la présence de bretts ?:dash:
Je n'ai pas bu assez souvent ce vin sans doute mais là je suis "scié "

Raymond
14 Nov 2018 20:38 #47

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Réponse de mauss.th sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Je n'ai pas dit cela, j'ai posé la question...et plus que Château Margaux, on peut imaginer le médoc, ou le bordelais.

Je n'ai pas non plus l'habitude d'en boire, mais sur les 5 dernières bouteilles goutées, 100% bretts (4 pour cette dégustation et 1 millésime 2000 1 an auparavant lors du même événement). C'est déconcertant...
14 Nov 2018 20:47 #48

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Le dîner de Paulée





Tous les vieux lecteurs de cette chronique se souviennent que dans ce génie d'organisation conviviale qui n'appartient qu'à lui, le Président Mauss a de tous temps eu l'excellente idée de propulser l’événement au moyen d'une Paulée.

Quel meilleur moyen pour tisser des liens et décontracter les invités que de partager ses vins avec des convives de tous horizons professionnels et nationalités ? Sortent alors de toutes les poches des bouteilles et des magnums, des jeunes costauds, des grandes finaudes, des vieux glorieux, des flacons de patrimoine, des mythes supposés, des émergents qui veulent faire leur preuve... Toute la diversité du monde du vin apparait sur les tables !
C'est le moment de choisir si l'on coure l'étiquette ou les amitiés, le dépaysement ou le confort, la découverte ou les certitudes.

En 7 ans de Villa d'Este, je garde des souvenirs émus de rencontres au doigt mouillé, quand on s'assoie à une table sans connaître personne et que la gêne des premières secondes fait vite place au plaisir de l'échange et de la découverte d'autres vins et parfois d'autres cultures !
Pour cette dixième édition, je jouerai toutefois la sécurité afin de profiter autant que je le peux de la présence et de l'amitié de ceux que je ne vois que trop rarement.
L'ami Jean Luc au quotidien si occupé.
La famille Chambriard, des amateurs par essence très affutés et à qui je dois l'un de mes plus beaux moments de vin.
Ajoutez un ami bordelais d'une discrétion charmante et le meilleur d'entre tous les oenoscientifiques, le bel Axel, un homme dont les qualités pédagogiques donnent grand espoir sur le niveau futur de la prochaine génération.
Ajoutez que ce tout joli monde est accompagné de compagnes aussi charmantes que tolérantes à nos passions coupables et vous comprendrez que sont réunis tous les ingrédients d'une soirée réussie !

Ce moment est sans aucun doute le plus redouté par les équipes de Villa d'Este car il ne faut pas plus de quelques dizaines de minutes pour voir les premiers convives circuler autour des tables, bouteilles en main et générosité en bandoulière pour partager leurs apports. Il faut alors toute l'expertise des personnels de ce niveau pour gérer les embouteillages dans les travées comme les verres qui s'empilent sur les tables.

C'est dans ce moment là que je me dis que le Président Mauss a la santé.
Car devinez quelle est la seule personne, avec Aubert de Vilaine peut-être, à être connue de tous les invités ?
Si chacun cherche à lui faire plaisir en lui faisant goûter, qui son Musigny, qui son Moulin à Vent, qui son Vin de Constance, m'est avis que la fin de soirée pourrait bien être compliquée pour notre Gentil Organisateur, aussi rodé soit-il aux libations de compétition !

Allez, on se lance ?

%tchin





Tartare de burrata, tomate rôtie, croustillant d'anchois et boulette de pain frit




Domaine Guy Amiot, Montrachet, 1996



Belle robe sur un doré léger.
Le nez est... superbe ! Immédiat, magnifiquement ouvert, il irradie son classicisme par des notes confortables de sésame et de pain grillé d'une redoutable gourmandise, avec un côté riche et rassurant.
Et la bouche est toute aussi somptueuse, remarquable de volume par sa matière immédiatement tapissante à la puissance de corps idéalement mobilisée par une acidité parfaite.
Ouh la vache, rien à dire, là, y'a un sacré client !
Les goûts sont parfaitement maitrisés, compromis de notes d'évolution légères, sur le tabac blond et ce grillé minéral et chaud, génial de maîtrise.
La finale est glorieuse d'ampleur, de générosité et de persistance, se prolongeant redoutablement loin tout en gardant une fraîcheur et une évidence ébouriffante de classe.
La Bourgogne dans tout son génie.
Grand vin !

Je mise lourd sur un Perrières Coche 2005... Non ?
Montrachet ? Whaou !


Note pour l'avenir : ne jamais laisser le père Chambriard dégainer le premier ! JAMAIS !
Car pour passer après, je vous dis pas le défi !



Champagne Krug, Brut, 2002



Robe d'une petite évolution dorée grisée.
Nez complexe, sur de fines notes oxydatives qui posent un bouquet net, sur l'orangette, les fruits secs, de belles senteurs minérales. Ouvert sur table, on sent qu'un peu d'aération au préalable ne lui aurait sûrement pas fait de mal pour libérer un côté un peu comprimé.
La bouche est superbe d'impact et de densité, sur un compromis matière/acidité redoutable de puissance et de vinosité, bien titillé par une bulle crémeuse et franche. Les goûts sont très agréables, sur la coquille d'huitre, l'amande séchée, presque la noisette.
Finale dense et compacte, presque brute d'expression en l'état.
Très bien et grande sérénité pour l'avenir.


Weingut Dönnhoff, Riesling Großes Gewächs Hermannshöhle, 2011



Robe très peu teintée.
Nez monolithique et manquant d'élégance, sur de puissantes notes qui oscillent entre le pneu, le pétrole et le goudron et qui masquent totalement le fruit.
Changement de registre en bouche où s'exprime une magnifique acidité qui propulse au premier toucher de langue une matière puissante et concentrée qui enrobe parfaitement l'ensemble. Le point d'équilibre est remarquable de rythme et de persistance et ne lui manque que de l'expression aromatique pour exprimer plus de complexité.
La finale est longue et impactante mais plus sur ses qualités de texture qu'en persistance et confort de goûts.
Très bien et là encore, l'avenir est grand ouvert.



Tortelli di carbonara, fondant de broccoli et joue de porc croustillante

Plat absolument brillant de classicisme maîtrisé !
Les blasés trouveront sans aucun doute datée la simplicité déclarée de l'intitulé du plat où on évite le name dropping du légume ou la joue de porc superflue si elle ne vient pas d'une bête dont le prénom a gambadé sous les chênes centenaires d'un micro domaine en permaculture.
Les pâtes sont extraordinaires de fondant et d'intensité de goût et le jeu de texture entre la douceur délicate du brocoli et le croustillant du lard fumé est génial de peps en bouche ! Aucune esbroufe ni ego qui s'impose dans ce plat sinon saveurs et goûts. Que demander d'autre ?
Ah si !
E possibile rabiote una ripassa per favore ?

Note pour l'avenir: travailler mon italien pour parvenir à convaincre le maître d'hôtel d'une petite rallonge.
Car qu'est ce que vous voulez que je fasse d'un fer à repasser en pleine Paulée ?! J'ai l'air si défraîchi que ça ?




Domaine François Raveneau, Chablis grand cru Blanchot, 2005



Nez étonnant, avec des notes très mûres qui tirent sur le cassis et un bel ensemble minéral, sur la coquille d'huître.
Aucun doute, on est à Chavignol !
La bouche est superbement élancée, plus cristalline que le riesling, sur une sensation de densité moins en brutalité, avec moins de puissance mais plus d'harmonie. L'âge a sûrement commencé à faire son oeuvre.
Le vin déroule une matière à la fois pleine et vive, de beaux goûts purs, sur les notes coquillères mais sans le côté presque exotique du nez.
Finale droite et racée, d'une très belle allonge.
Très bien+.


Domaine Antoine Jobard, Meursault En la Barre, 2015



Robe très claire, à peine teintée.
Nez fin et très bien tourné, d'une jeunesse d'expression mais d'une grande maîtrise, quand un élevage délicat porte sans les épuiser de belles senteurs minérales.
Bouche délicieusement nerveuse, sur une acidité parfaitement mûre et désaltérante qui propulse avec un beau tonus une matière agréable.
L'ensemble est droit et pointu, plein de rythme et de relance.
La seule petite réserve en dégustation seule émerge sur la finale à qui j'ai trouvé une petite pointe d'amertume qui resserre l'envol jusqu'ici aérien.
De la très belle ouvrage à ce niveau de cru et surprise totale au vu du millésime aux excès remarquablement maîtrisés !
Très bien.



Filet de veau légèrement fumé, écume de pomme de terre, chanterelles et truffe de Norcia

Plat totalement maîtrisé, absolument idéal pour mettre les vieux vins rouges en valeur !
La cuisson du veau est exceptionnelle de fondant et jutosité. Sortir une telle perfection pour 250 personnes, chapeau au chef Zambanini ! %tchin



Fabio Gea, Barbaresco, Notu Andava Riserva, 2011



Robe grenat clair sans profondeur.
Nez léger et un peu instable, avec une pointe d'acétate qui chatouille les fruits rouges et un ensemble végétal et boisé mal intégré.
Bouche à l'attaque ferme, avec de l'amertume qui, curieusement, se fond dans un équilibre à la fois riche (sensations glycérinées) et rude par la charge tannique d'une présence certaine.
Le vin manque d'équilibre et de charme aromatique pour enrober l'ensemble qui s'abime dans une fermeté finale et un côté brouillon.
A revoir hors effet de séquence.
Car il y a du vin !


Château Trotanoy, Pomerol, 1970
Magnum



Robe bordeaux marquée d'une évidente évolution marron orangée. Aucun doute, c'est pas tout jeune !
Très beau nez au bouquet droit et classique, quand de belles notes épicées (cigare, cèdre) répondent à un végétal léger et agréable et que le vin a gardé du fruit. L'ensemble est franc et posé, avec un côté confortable et très lisible.
L'attaque de bouche est juteuse, sur un beau volume sans faiblesse et offre également beaucoup de fraîcheur, dans un style bordelais parfaitement maitrisé, quand le vin concilie présence et buvabilité et répond parfaitement aux accords sur table par son équilibre tout en tempérance.
Les goûts sont épicés et mentholés et le vin répond parfaitement au fondant du veau et aux notes truffées qui l'accompagnent.
Belle finale déliée, toute en fraîcheur.
Très bien, encore plus sur le plat.




Tuma persa et courge en escabèche




Domaine Robert Chevillon, Nuits-Saint-Georges 1er cru Les Roncières, 2009



Robe toute jeune, sur un grenat pourpre assez profond.
Nez brouillon et mal en place, chafouin, quand un élevage lacté parasite de jolies notes très pinot, sur les fruits des bois.
Bouche qui manque de lisibilité et d'harmonie, sur une belle attaque veloutée, une matière bien dotée mais qu'une légère amertume et toujours ces goûts légèrement lactés viennent parasiter.
Finale encore ferme et pas du tout fondue.
A revoir car pas facile à lire en l'état.


Domaine Georges Roumier, Chambolle-Musigny 1er cru Les Cras, 2004



Robe grenat claire, presque diaphane sur l'extérieur du disque.
Nez qui m'évoque irrésistiblement un vin en vendange entière par ses notes de cendre froide et son fin végétal parfaitement porté par les petits fruits rouges.
La bouche est évanescente, sur une délicatesse sans faiblesse qui tient le vin dans un équilibre léger à la finesse sans creux.
L'ensemble reste assez pointu et l'acidité présente signe le millésime plutôt froid.
La finale est d'une allonge certaine, toute en droiture avec des tanins encore présents.
Très bien.

C'est dingue comme une fois qu'on sait que c'est un 2004, le végétal agréable de l'aveugle semble comme verdir...
Comme quoi, on trouve souvent ce qu'on cherche, faiblesse que l'aveugle permet de recadrer !





Fagottino au gianduja, sorbet myrtille


Note pour l'avenir : essayer de rentrer un sucre dans la valise !




Pétard, quelle soirée !

Y'a pas à dire, les bouteilles, c'est bien mais les partager de manière ouverte, honnête et décontractée avec des ami(e)s aussi pointu(e)s que charmant(e)s, je ne connais meilleur moment pour honorer la passion du vin !
Il y avait du Gunthard autour de la table, moi, je vous le dis !
Merci à tous et toutes pour votre générosité !

La nuit a depuis longtemps éteint la lumière au dessus du Lac de Côme qui scintille pourtant de myriades de petites étoiles, sur ses eaux comme dans le ciel.
Alors que certains courageux au pas étrangement léger quoique un brin chaloupé décident de poursuivre le moment en allumant un barreau de chaise en terrasse ou en dégoupillant encore une ou deux merveilles, en bon garçon sage auquel l'âge avançant a appris la discipline, je regagne mon lit king size2 en espérant faire une bonne nuit réparatrice.

C'est bien de profiter mais il faut aussi durer. Car demain, on remet ça !
Et quelque chose me dit que la nuit sera aussi courte que la matinée studieuse et instructive.

Buonanotte tutti.

A suivre...
Oliv
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14 Nov 2018 22:04 #49

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Réponse de o_g sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Bravo pour le CR pointu encore une fois.

De la très belle ouvrage à ce niveau de cru et surprise totale au vu du millésime aux excès remarquablement maîtrisés !


Ces impressions confirment qu'Antoine Jobard nous a fait un grand millésime 2015, à 1000 lieues de ce qu'on pourrait craindre de 2015. Mais cela, les lecteurs de LPV le savent déjà ;)
14 Nov 2018 23:41 #50

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Réponse de LADIDE78 sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Trop fort Oliv, nous faire partager autant de détails , dans une soirée comme celle là , et profiter de l instant présent , quelle concentration (tu) , ton CR à été mon livre de chevet hier soir , quel plaisir à te lire , quel boulot pour nous faire partager cet événement dans le moindre détails , Chapeau bas Oliv (tu) oo,
didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
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15 Nov 2018 05:48 #51

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Réponse de Gildas sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Les pâtes sont extraordinaires de fondant et d'intensité de goût et le jeu de texture entre la douceur délicate du brocoli et le croustillant du lard fumé est génial de peps en bouche ! Aucune esbroufe ni ego qui s'impose dans ce plat sinon saveurs et goûts. Que demander d'autre ?
Ah si !
E possibile rabiote una ripassa per favore ?


:DD Je te reconnais bien là

Sublime CR de bon matin, retraçant une ambiance de partage généreuse ! (tu)

Gildas
LPV Normandie
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15 Nov 2018 08:48 #52

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Réponse de Vougeot sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

J'irais même jusqu'à écrire, dans un Italien plus qu'imparfait :
E possibile rabiote una ripassa della meravigliosa brunetta marrone, per favore ?

Ceux qui ont lu les CR précédents comprendront de quoi je parle... ;)
15 Nov 2018 12:57 #53

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Réponse de mgtusi sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Oliv va bientôt avoir plus de remerciements que de messages postés !

Michel
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15 Nov 2018 13:16 #54

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Réponse de Eric B sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Oliv va bientôt avoir plus de remerciements que de messages postés !

Pourcentage remerciements /message

Oliv : 3.3 %

mgtusi : 5 %

;)

Eric
Mon blog
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15 Nov 2018 13:30 #55

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Réponse de lugdunum sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Magnifique CR, ta plume est magnifique et nous permet une immersion totale.
merci Oliv !
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15 Nov 2018 14:11 #56

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

J'irais même jusqu'à écrire, dans un Italien plus qu'imparfait :
E possibile rabiote una ripassa della meravigliosa brunetta marrone, per favore ?

Ceux qui ont lu les CR précédents comprendront de qui je parle... ;)


Prego... :whistle:


© David Chambriard
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17 Nov 2018 22:27 #57
Pièces jointes :

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19 Nov 2018 10:54 #58

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

En accès libre sur www.wineberserkers.c...
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19 Nov 2018 11:39 #59

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Réponse de oliv sur le sujet Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2018

La matinée du vendredi





Andjidjiou de nom di djiou, cette fois, j'en ai marre !

Ça fait 7 ans que je rentre de Villa d'Este aussi asséché qu'un oued en plein été, la faute à des nuits taquines qui se comptent en minutes alors que je les souhaiterais aussi câlines qu'interminables !
Donc si la première année, j'ai pu mettre ça sous le coup de l'émotion de me retrouver pour la première fois de mon existence face à un pageot aussi long que large , avec chaussons et chocolats qui vous attendent au retour du dîner....
Si la seconde année, j'ai pu angoisser un temps, traumatisé par l'irruption impromptue du room-service en plein moment de récupération, situation gondolante pour mes salopiots de Gunthards mais qui me voit dorénavant toujours garder à porter de main un peignoir de sécurité pour planquer mon physique de radio...
Si la troisième année, je m'habituais à peine à ne pas avoir les arpions qui dépassaient du lit... et bien rien n'a suffit pour tempérer les insomnies !
Mais mince, se voir réveillé aux aurores alors qu'on n'a rien d'autre à faire que de récupérer et qu'on est maintenant bien rodé aux joies et aux plaisirs de l'établissement, y'a pas, ça en devient presque angoissant !

Donc j'ai enquêté !
Et ben, les copains, merci la science car j'ai enfin compris pourquoi, pourtant couché à 2h du matin, je me retrouve toujours aux alentours de 4h48 à dialoguer avec la nuit alors que je préférerais être en train de trinquer avec Morphée.
Les mauvaises langues diront que c'est encore un coup du gauchiste de service, toujours là pour se manifester.
Il voudrait pas la fermer 3/4 jours, ce satané hémisphère toujours en alerte ? Mince, Villa d'Este, c'est quand même un peu plus sûr que la Grotte de Cro-Magnon, non ? M'est avis qu'à part quelques financiers que je pourrais croiser dans les couloirs avant d'aller déguster, niveau smilodons et autres bestioles outrageusement carnivores du type tigre à dent de sabre, le risque de voir débouler une bestiole affamée de dessous mon matelas ne devrait pas imposer une surchauffe du cigare comme ça en pleine nuit, vous croyez pas ?

Enfin, bref, c'est donc comme tous les ans, rasé de frais mais déjà au radar que je rejoins la salle pour le petit déjeuner.
Ce non sans avoir profité de ces heures nocturnes perdues pour réviser mes classiques du café italien ...
Et faut reconnaître que le tidéj' façon palace, ça vous requinque son homme !








Ouh mais c'est qu'il est plus que temps de rejoindre la salle de conférences ! Et ça tombe bien car cette année, le Temps, c'est justement la thématique de cette dixième édition.
Faudrait voir à pas trainer en route, le Président déteste le manque de ponctualité de la part de ses convives. C'est vrai qu'au nombre d'évènements qui s'enchaînent en une journée de VDEWS, chaque minute perdue peut vite virer au cauchemar en fin de journée. Imaginez s'il faut annoncer au chef et ses 250 couverts pour le diner à préparer qu'on lui squatte toujours à 20h la salle avec la dégustation de l'après-midi...



David Lordkipanidze


La première conférence de la journée est portée par David Lordkipanidze, un homme dont les cartes de visite feraient le poids d'un bottin s'il devait y mentionner ses diplômes et autres titres honoraires et dont les visiteurs de la Cité du Vin à Bordeaux ont pu admirer la qualité du travail lors de l'exposition " Géorgie, berceau de la viticulture ".
Quel meilleur spécialiste et quel pays plus approprié que la Géorgie pour illustrer la place du vin dans l'histoire de la civilisation européenne !
C'est ainsi une plongée dans une histoire pluri-millénaire à laquelle nous assistons, la délégation géorgienne ayant eu l'excellente idée d'apporter à l'évènement nombre d'objets illustrant la place du vin dans le développement des premiers réseaux de sociétés, par sa place agriculturale, par son rapport à la fête et au sacré, par sa faculté à tisser des liens de culture.
Un pays où le Tamada, un chef de table choisi pour ses qualités oratoires et conviviales comme pour ses capacités à lever le coude avec entrain, est honoré d'un titre de prestige, on se dit qu'une telle contrée joyeuse mériterait vraiment qu'on y consacre plus d'attention.
Selon les informations reçues en douce par ceux qui s'y sont essayés, il parait qu'il faut toutefois avoir la santé pour tenir la distance face à tant de générosité ! :whistle:




Un monde du vin de plusieurs millénaires



Après avoir entrevu la richesse d'un Passé qui remonte aux prémices de la civilisation, la parole est donnée à Jean-Robert Pitte pour évoquer son Présent.

Dans un contexte de prohibition en France, le goût du vin évolue et se déploie sur la planète, offrant des perspectives commerciales pour les professionnels et de découverte de nouveaux goûts possibles pour les amateurs passionnés.
Car grâce à l'appui technique et à une maitrise scientifique, le vin n'a jamais été aussi bon et ce dans de plus en plus nombreux pays !
Comme on l'a vu peu avant, l'histoire du vin est cosubstantielle de l'émergence de l'idée de civilisation. Sans vin, pas de Banquet de Platon. Mais le vin antique et qui ressemblerait à un Martini allongé de résine et de plâtre, personne dans l'assistance ou dans les lecteurs d'LPV ne serait prêt à s'en satisfaire !
Pas plus que le vin du Moyen-Age, cette piquette douteuse à la personnalité flottante bue en sortie de vendanges et qui tournait vite au vinaigre.
Il est des chances que même après les premières révolutions oenologiques que furent le mutage (inventé par les anglais) et le sulfitage (par les hollandais) et qui permirent d'améliorer la qualité du vin et sa capacité à être transporté, les grands clarets du XVI à XVIIIème siècle ne remporteraient que peu de suffrages à nos palais contemporains.





Jean-Robert Pitte




Ne pas compter sur les vins du XIXème et du début XXème, acmé de l'attaque du phylloxera et ses dévastations, des breuvages au mieux coupés aux vins du Sud pour compenser leur maigreur et leur déficit de matière, au pire totalement trafiqués, à base de raisins secs et dont fleurissaient les recettes chez tous les épiciers quincailliers !
On l'a sans aucun doute oublié mais fallait-il que l'eau soit toxique pour qu'on se satisfasse de telles merveilles...

De l'époque d'une boisson aliment, fiable et sûre pour la santé de son consommateur, les développements de l’œnologie et de l'économie, notamment des transports, ont fait basculer l'univers du vin vers une dimension esthétique, celle des grands vins, ces breuvages faits de finesse, d'harmonie, de complexité et qui permettent d'atteindre une émotion et quelque chose qui nous dépasse et nous élève.
Avec ce phénomène de culture arrive les modes et les biais afin de renforcer des hiérarchies qui commencent à s'établir.
Alors que le prix d'un vin devrait être le résultat de sa qualité, on assiste à des phénomènes d’auto persuasion, positionnant ainsi le produit dans l'univers du luxe et qui le déconnecte de toute cohérence de rapport qualité-prix.
On assiste ainsi à des rentes de situation par rapport à des classements figés qui interdisent à de nouveaux vignerons et domaines d'être reconnus grands. Je vois l'oeil du Président Mauss briller, lui qui a tant fait via le protocole du Grand Jury Européen afin de donner leur chance aux sans-grades face aux bien nés en défendant l'idée qu'un vin sans pedigree peut tout autant apporter un plaisir vrai et sans artifice pour peu qu'on le juge pour ce qu'il est et non ce qu'il représente.

Retrouver dans le goût du vin la diversité de l'humanité et de sa condition, la multiplicité des sols et de climats, des paysages et des histoires est aussi un moyen de le préserver.
De la diversité nait l'originalité, de l'uniformisation émane l'ennui !



Songeur, le Président !


Alors que sur l'histoire des vignobles et de ses territoires, la vision du vin de JR Pitte se déroule d'une manière totalement maîtrisée, aborder l'avenir va sembler plus compliqué.
Vont s'enchainer alors des propos moins cohérents où seront remis en cause qui, les usages constants des AOC qui bloqueraient les évolutions, qui le bio où notre conférencier fustige cette religion du futur et son culte du ver de terre.
Mais j'ai failli me pincer lorsque j'entends résumer le Muscadet à une région de petits vins ou encore qu'il serait temps de débarrasser le Beaujolais du vil gamay pour y planter de la syrah.
Ça bruisse et toussote dans la salle et je m'étonne de voir un éditorialiste à la RVF et ancien président de l'Académie du Vin de France relayer des lieux communs qu'on entendait dans les années 2000. Car s'il est bien deux régions viticoles à avoir opéré une vraie révolution copernicienne au niveau qualitatif, c'est bien le Beaujolais et le Muscadet.
Le tour de table donnera lieu d'ailleurs à des échanges musclés où l'on verra Stéphane Derenoncourt, toujours généreux dans l'effort et pas du genre à parler creux, rappeler "qu'on n'a pas attendu les œnologues pour faire de grands vins" et défendre avec fermeté la légitimité du gamay sur les sols granitiques du Beaujolais !

Bon, c'est pas tout ça mais les nourritures spirituelles, aussi digestes soient-elles, faut reconnaître que ça creuse !
Il n'est donc que temps de passer aux corporelles.
A table !





Tsinandali Estate, n°1, 2017



Robe cristalline, sur un jaune très léger.
Nez sympathique, sans le boisé perçu hier, plus pur, sur des notes florales et minérales, sur la coquille d'huître.
Bouche riche, avec une sucrosité légère qui empâte le palais à l'excès par son manque de tension.
Finale florale mais trop lourde à mon goût pour appeler la soif.
Pas à mon goût mais plutôt bien fait.


Tsinandali Estate, Natella, 2017



Robe sur un doré léger.
Nez opulent, sur la guimauve, des notes puissantes de fleurs blanches et de vanille.
Bouche riche, glycérinée par sa texture épaisse mais molle de trame et manquant de tenue et de relance par un déficit d'acidité.
Finale riche et roborative.
Pas fan.



Risotto au safran, canard confit et poudre de laurier

Plat toujours aussi génial et qui fait le bonheur de tous les convives chaque année !




Tsinandali Estate, Saperavi, 2014
Magnum



Robe sombre, presque noire.
Nez marqué par un élevage massif, sur le caramel au lait qui masque totalement des senteurs de fruits noirs.
Bouche aussi peu à mon goût qu'hier, à la fois puissante et concentrée, sans dureté mais corpulente et à l'aromatique épuisée par un boisé caramélisé lourdaud.
Finale brutale avec beaucoup d'amertume.
Je n'aime pas du tout.


Domaine Gros Frère et Sœur, Vosne-Romanée, 2010



Robe délicate, sur un grenat clair qui tire sur le rubis.
Nez léger et franc, sur les petits fruits rouges frais, une petite pointe épicée bien enrobée.
Bouche fraîche et efficace, sans grande concentration ni capacité de relance mais d'une vraie tenue et buvabilité.
Les goûts sont précis et d'une jolie présence.
Finale facile sans réelle allonge mais d'une présence agréable qui appelle à se resservir avec facilité.
Bien.

Note à moi-même pour l'avenir : ne plus jamais écouter le Président Mauss quand il me la joue "je ne suis qu'un tout petit dégustateur". Car en plein retour de tournée de tables et alors que seul Jean-Charles Cuvelier avait jusque là bien situé Vosne, François me plie le pedigree de ce vin à l'aveugle en deux rapides coups de langues et quelques raisonnements par le négatif qui signe l'homme d'expérience et de goût !



Domaine de la Romanée-Conti, Romanée Saint-Vivant, 2008



Bouteille ouverte à la minute, pour le plaisir du partage.
Robe sur un rubis foncé, avec une petite évolution.
Nez très fermé au service et qui va considérablement évoluer dans le verre pour proposer un ensemble très agréable de gelée de framboise enroulé dans un boisé fumé délicat de toute grande classe. Le fond de verre libère des notes mentholées et fruitées du plus bel effet.
Bouche tout en élégance, notamment aromatique, sur une belle matière déliée et une acidité motrice agréable.
Le milieu de bouche se resserre autour d'une forme de concentration avec l'apparition de tanins et de notes d'élevage qui signent qu'il faut encore attendre afin que ce vin gagne en harmonie.
Finale aux délicieux goûts de fruits rouges mentholés mais sur une forme de fermeté concentrée qui appelle la garde pour se détendre et se fondre.
La marche arrière sur le Village est écrasante.
A attendre encore ou généreusement aérer.
Très bien.

Merci à JC Cuvelier pour sa générosité !


Clos Rougeard, Saumur-Champigny, Les Poyeux, 2003


©Luc Javaux

Robe bordeaux évoluée, sur des notes sombres et orangées.
Nez puissant, compromis de fruits noirs, de quatre épices et d'animalité, avec un net côté sanguin viandard.
Bouche pleine, sur une matière à la fois ample par son volume mais très mobile en bouche, sans poids ni lourdeur et parfaitement mobilisée par une acidité mûre très agréable.
Finale dotée d'une belle allonge, sur des goûts un peu animaux mais d'une texture fondue, presque moelleuse de corps et d'une qualité de tannins remarquable.
Très bon !

Merci Philippe pour le verre en douce !




Selle d'agneau, boulette de fane de navet et chicorée croquante

Plat classique et efficace dont je retiens la découverte de cette délicieuse chicorée, à la délicate amertume et au croquant très agréable !




Tsinandali Estate, Nino Veuve Griboyedoff Rosé



Robe sur un saumoné profond.
Nez amylique, sur le bonbon anglais, la gelée de groseille.
Bouche à l'équilibre demi sec à doux, sur des goûts de fruits rouges et une texture d'une grande viscosité qui, alliée à un côté sucrailleux limite la buvabilité.
Finale roborative et un peu vaporeuse.
Curieux équilibre, pas à mon goût.




Fruits d'automne, granité au Campari et consommé à la mandarine

Un vrai délice de délicatesse et de précision, ce petit plat d'apparence toute simple mais d'une fraîcheur géniale pour vous remettre les papilles en ordre de travail pour l'après-midi qui s'annonce.
Délicieux !



Bon, c'est pas tout ça mais c'est qu'on est juste à mi-parcours et qu'il nous reste quelques sandwiches à beurrer.
Et oui, que voulez-vous, alors que certains partent faire la sieste, y'en a qui bossent !

Quand je vous dis que vous avez le droit de me plaindre... :oops:

A suivre.
Oliv
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24 Nov 2018 20:42 #60

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