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Des vins de Géorgie

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claudius a créé le sujet : Des vins de Géorgie

CR: Des vins de Géorgie, Bulgarie, Hongrie et Roumanie

voici qqs impressions fugaces saisies lors d'une dégustation express réalisée cet après-midi:

Khvanchkara 2002
Mi-doux / Racha / Tbilvino Géorgie
étonnant, cela sent la poire williams à  plein nez, mais cela reste du vin, assez élégant en bouche...curieux et intéressant pour de nouvelles combinations gastronomiques

Mukuzani
Tbilvino (12.5% Vol.) 2001 Géorgie

issu de raisin Kakheti, un nez nouveau, épicé, me rappelle un souper georgien à  Mendoza en Argentine, la cuisinière m'avait découvrir des épices georgiennes pour moi inconnues jusqu'alors mais combien délicieuses, encore très tannique, demande à  se fondre, grande personnalité! Gabriel fait un rapprochement avec le tannat, sans doute à  cause de la masse tannique plutôt brutale...

Saperavi
Tbilvino (12% Vol.) 2002 Géorgie

aussi issu de raisin Kakheti, voici le petit frère! pas mal du tout, même style et même raisin demande aussi à  se fondre

Uniqato Melnik
Damianitza Winery (13% Vol.) 2001 Bulgarie

issu de raisin melnik que vous connaissez bien entendu tous!...un nez qui n'est pas sans me rappeler le Nero d'Avola, grosse personnalité en bouche, termine sur des tanins encore un peu verts.

Feteasca Neagra Black Peak
Vanju Mare-Orevita DOCC / Vinterra (13% Vol.) 2000 Roumanie

me rappelle le tempranillo au nez, aucun autre repère connu, bcp de personnalité, à  l'opposé d'un vin "nouveau-monde", tanins encore un peu marqués et verts.

voilà  un nouvel univers pour moi...pressé par le temps je me suis limité à  déguster "les spécialités" et ai évité tous les cab sauv, merlots et autres assemblages bordelais qui sont bien évidemment aussi produits dans ces régions.

Pas dégusté non plus, un Tokay "essence" de 1970, couleur brunâtre, presque la densité de lait condensé...prix gratiné!
#1

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Guest a répondu au sujet : Des vins de Géorgie

CR: Massandra Kagor de la côte sud de Crimée millésime 1999 : 16/20 - 19/8/06
Cépage Separevi. Odeurs de VDN : cassis, pruneau, cacao, cerise confite, genièvre, rafle.
Bouche tout en douceur, très fruitée, très pure, au feu maîtrisé. Grande gourmandise !

CR: Géorgie Marani Kvareli 1998 :
VM14,5/14 PP14 LG14,5/15

- Nez doux semblant très jeune, exprimant avec beaucoup de verve des senteurs de fleurs, d'épices, de cassis, de bourbon, de violette confite.
- Un vin insolite, ovni vinicole, non dénué d'intérêt malgré son embonpoint et son léger sucre résiduel.
#2

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Armi a répondu au sujet : CR: Sapervai 2005

CR: Sapervai 2005
Tbilvino


Vin rouge de georgie, cépage donc saperavi, qui est le cépage historique de ce pays et plus spécifiquement de la région de kakheti (georgie orientale)

c'est un vin fruité (fruit rouge), léger et agréable.
robe pourpre/grenat.

pas la moindre astringeance, à ma grande surprise pour un vin sec de cette région

je l'ai décanté une toute petite heure avant et bu à 15/16°

la bouteille est très originale, on ne doute pas une seconde que ce vin provient d'une région à influence russe.

armi
#3

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ju13 a répondu au sujet : Re: qqs vins de Géorgie, Bulgarie et Roumanie

Bonsoir,

Si ça vous dit, je travaille pour l'importateur exclusif de vins & spiritueux d'Europe de l'Est

- les vins géorgiens de marque TAMADA et OLD TBILISSI du producteur Georgian Wines & Spirits (GWS), filiale du groupe Pernod-Ricard; Je ne les ai pas tous dégustés. J'apprécie le Saperavi 2004 (nous avons maintenant le 2005), plus que le Mukuzani et le Napareuli, et le Mtsvane.
- les vins moldaves Purcari, de la Vinaria du même nom. J'ai un Negru en cave, c'est un assemblage de Rara Neagra (cépage rare moldave), Saperavi (cépage géorgien) et Cabernet-Sauvignon.
- le vin arménien Old Yerevan Areni de la Yerevan Brandy Company (YBC)
- la Chacha, une eau-de-vie de marc de raisin appelée "vodka" localement;
- les fameux brandies arméniens Ararat, de la YBC
- la vodka russe Medved, une vodka premium de Toula. Pour information, l'usine où est élaborée cette vodka est considérée comme la plus moderne de Russie.

Ca vous intéresse?
#4

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arelate a répondu au sujet : Des vins de Géorgie

CR: VIN DE GEORGIE VAZISUBANI 1996

Bon, à part le nom, le degré (11°), la couleur (blanc), et "KAKHETI REGION" écrit en lettres latines, tout le reste, recto verso, est en cyrillique, écriture dans laquelle j'ai un peu de mal à m'orienter!:).
Cette bouteille, qui m'a été offerte, j'aimerai bien avant de la déboucher savoir si un LPVien féru des vins georgiens (à l'origine de la vigne dans le monde il y a 5.000 ans), pouvait m'éclairer sur ce type de vin blanc.
Sinon je tenterai une dégustation un de ces jours et ferai étalage dans un CR de ma grande science en matière de vins étrangers ! :)

Cordialement
Roger

Et de là nous sortîmes pour revoir les étoiles - William Styron
#5

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chacompte a répondu au sujet : Des vins de Géorgie

Arelate,

quelques éléments de réponse trouvés sur le net : ici et
Peut-être reconnaitras-tu ta bouteille (sinon, google donne pas mal de réponses à la requete "vazisubani wine", Vazisubani étant apparemment une ville de Géorgie)
Cdt

Thierry
#6

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arelate a répondu au sujet : Des vins de Géorgie

Thierry,

Merci pour l'info.
Sur le site j'ai appris que c'est un vin blanc sec, arômes floraux, idéal disent-ils
pour les entrées, fromages ou poissons, et, à servir entre 10 et 15° de température.
Et bien voilà un joli petit blanc sympathique à tester sur quelques amuse-gueules pendant
ces mois d'été.
A bientôt pour un CR.

Cordialement
Roger

Et de là nous sortîmes pour revoir les étoiles - William Styron
#7

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bulgalsa a répondu au sujet : CR: Damianitza Uniqato 2006 Melnik + CR: Tcherga 2006 rouge

De très brefs commentaires sur deux vins bus récemment, malheureusement sans prise de note

CR: Damianitza Uniqato 2006 Melnik
Un vin chatoyant en ce sens qu'il présentait un beau bouquet de fruits rouges et une belle matière. Un équilibre correct, mais un caractère tannique plus qu'affirmé en fin de bouche
Prix: EUR 10 sur place

CR: Tcherga 2006 rouge
Un vin qui m'a moins plu que le précédent: un vin plat lié d'abord au fait qu'au nez il était simple puis en bouche il manquait de vivacité avec une structure presque fluette.
Prix: EUR 8 sur place

Luc
#8

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oliv a répondu au sujet : Des vins de Géorgie

Un bel article sur les vins géorgiens sur www.jancisrobinson.c...

Oliv
#9

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ChristopheD a répondu au sujet : CR: Gamza - Suhindol - 2005 - Evening Wine

CR: Gamza - Suhindol - 2005 - Evening Wine

Le Gamza est le grand cépage de la moitié Nord de la Bulgarie. Dans la Légende, Gamza est femme et Mavrud homme tout deux séparés par la chaîne des Balkans. Ainsi, le gamza est sensé être un vin plus délicat est léger que le Mavrud.

Suhindol est un des deux anciennes grosses coopérative de la région de Veliko Tarnovo avec Lyashkovets.

Robe pourpre d'intensité moyenne à faible présentant les premiers reflets tuilés.
Un nez assez troublant pétaradant sur des fruits noirs et du pruneau mais aussi des relents de bitume (qui ont disparus le deuxième jour) et d'amande douce.
En bouche, le vin est effectivement assez léger, souple. Il s'avère manquer un peu de concentration. Néanmoins, la finale est correcte s'alongeant sur une très légère sensation tannique. Sans aucun doute, un agréable compagnon de pique-nique, mais hélas sans plus.

Cordialement

Christophe
#10

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bertou a répondu au sujet : CR: Géorgie - Pheasant's Tears (Kakheti) - Saperavi 2008

Géorgie - Pheasant's Tears (Kakheti) - Saperavi 2008
100 % Saperavi fermenté et élevé en qvevri (amphores).
Décanté 4 heures avant le service.

Belle robe violine foncée brillante
Nez moyennement intense marqué par l'odeur de brebis (si, si !! Est-ce des brettanomyces ?), des petits fruits noirs, de la réglisse. A l'aération les fruits dominent avec de la myrtille et une pointe poivrée. Un vin qui joue plutôt le registre de l'élégance avec un fruit frais mais bien mûr.
En bouche le vin et marqué par la fraîcheur sans être tendu. Bel équilibre qui rend le vin "juicy" en première partie. Les tannins prennent ensuite le relais, ils sont bien présents mais polis et aux grains fins. On ressend les arômes du nez avec cette odeur de brebis particulière. Belle longueur rehaussé par une sensation de fraîcheur. Un vin très digeste aussi par son degré alcoolique de 12,5 %.

J'ai bien aimé ce vin et je crois que je l'aurais vraiment adoré si cete odeur de brebis n'avait pas été aussi présente. La sensation en bouche est par contre superbe. Un touché fin mais avec une structure assez importante à la fois et une qualité des tannins superbes et cette fraîcheur couplé avec le fruit noir bien mûr.
C'est la première fois que je sens cette odeur dans un vin. Elle a divisé un peu la table, certains ne trouvant pas cela gênant du tout d'autres plus sceptiques comme moi.
Par contre ce fût un très bel accord avec l'agneau des pâturages qui possédent un goût assez fort.
#11

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CharlesB a répondu au sujet : CR: Chinuri Amber 2013 du domaine Pheasant's Tears (Géorgie)

CR: Chinuri Amber 2013 du domaine Pheasant's Tears (Géorgie)



Vin Géorgien cépage Chinuri

Couleur légèrement doré, avec un gros voile qui trouble le vin.
Nez sur l'anis, la pomme verte, citronné.
En bouche perlant. C'est frais, léger. On perçoit quelques notes de levure, mais cela reste minime.
BIEN-

Charles
LPV Isère
#12
Pièces jointes :

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lbb.contact a répondu au sujet : CR: Kindsmarauli, importé par Monolith Gruppe, Georgie, 2005

Bouteille dégustée lors d’une soirée après la taille.

CR: Kindsmarauli, importé par Monolith Gruppe, Georgie, 2005

Clément (étiquette connue)
La robe est très foncé.
Le nez est agréable, avec de jolies notes de fruits rouges, groseille notamment, de café ainsi qu'une pointe mentholé.
En bouche, on est bien sur un liquoreux rouge, avec cette pointe sucrée.
Le tout est porté par une belle fraîcheur.
La longueur est assez bonne.
Bien++

Ben-lbb (aveugle)
Couleur grenat foncée en plénitude.
Joli nez bien mûr assez complexe entre caramel, traits de verdeur (thé, rafle), torréfié, un peu musqué avec pas mal de fruit rouges en confiture.
La bouche est étonnante au premier abord puisqu'assez sucrée et épaisse mais elle est quand même assez aérienne.
Arômes proches du nez, plus sur la groseille peut-être, un peu sûre en finale.
Jolie découverte pour ce vin d'ailleurs.
Bien+, si certains savent déchiffrer l'étiquette, on est preneurs !

Benoît L. - LPV Lyon 2 : Les Avinturiers
#13

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Caligula a répondu au sujet : CR: Géorgie - Pheasant's Tears (Kakheti) - Saperavi 2013

CR: Géorgie - Pheasant's Tears (Kakheti) - Saperavi 2013
100 % Saperavi fermenté et élevé en qvevri (amphores).

La robe est trouble à souhait. Pas de décantage (et c'est peut-être une erreur).
Le nez est assez étonnant, un melange d’arbouse, de résine et d’acetone.
En bouche, ça part dans tous les sens. L’attaque est fruitée, plutôt agréable, puis les tanins arrivent en force et cassent toute gourmandise, et tout ça finit sur des notes de résine de pin.

Je ne suis pas fan du tout, mais il faut avouer que c'est une experience!

L'étiquette indique "417 variety field blend". Je ne pensais même pas ça possible...

Quentin

Aie confiance en toi-même, et tu sauras vivre. Faust
#14

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oliv a répondu au sujet : Vins de Bulgarie

Bulgarie
A la découverte des vins bulgare.


winefolly.com/review...
#15

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Eric B a répondu au sujet : Au pays de la vigne et du vin, la Géorgie

Suite à la question posée par Clément sur les vins antiques, je me suis aperçu que je n'ai jamais posté ce texte sur LPV

Pascal Reigniez – ancien enseignant en anthropologie et chercheur associé au CNRS – m'a contacté pour savoir si ça pouvait m'intéresser de lire son ouvrage "Au pays de la vigne et du vin, la Géorgie". Je lui ai tout de suite répondu par la positive, car même si j'ai bu déjà bu pas mals de vins géorgiens et consulté quelques sites internet, plus d'informations ne pouvait que m'être profitable.

Quelques jours plus tard, le livre est arrivé dans ma boîte aux lettres. Il est devenu mon compagnon de chevet durant quelques jours. Je n'irais pas jusqu'à dire que ça se lit comme un roman, mais il est intéressant de bout en bout : je ne m'interrompais qu'au moment où Morphée me rendait visite (bonne nouvelle : vous ne passerez pas de nuit blanche).

Le livre est composé en huit chapitres qui se suivent dans un ordre qui me parait logique.

Le premier est consacré à une présentation géographique et historique de la Géorgie. On pourrait dire que sa géographie a dicté son histoire, car le pays ressemble à une large route entre deux mers (noire et caspienne) bordée des deux côtés par les chaînes montagneuses du Caucase. Et pas de la montagnette, hein : le pic le plus élevé dépasse de 900 mètres notre Mont-Blanc national. Elle est donc un lieu de passage des hommes (et hominidés) depuis 1.8 millions d'années. L'homo erectus georgicus serait le premier hominidé à s'être aventuré en dehors de l'Afrique. Il a été retrouvé des traces d'homo sapiens datant de plus de 350.00 ans, mais Néandertal est aussi passé dans le secteur. Les deux ont cohabité durant environ 200.000 ans jusqu'à ce que Néandertal disparaisse il y a 30.000 ans. Le réchauffement climatique il y a 12.000 ans a permis le développement de l'agriculture. Les premières traces de viticulture et de vinification apparaissent il y a 8.000 ans. En fait, il est probable que les premiers essais aient été faits dans des grottes où la température était optimale (vestiges trouvés dans la proche Arménie). Creuser un trou dans le sol pour y placer une jarre était une façon de recréer ces conditions idéales. Sur le site de Kramis Didigora 6000 av. JC), une jarre en terre cuite a été retrouvée en morceaux et reconstituée : les grappes de raisins qui figurent dessus ne laissent aucun doute sur son usage .

La Géorgie a été envahie successivement par les Perses, les Grecs (Alexandre le Grand), les Romains (suivi des Byzantins), les Ottomans, les Mongols ... et enfin les Russes à partir du XIXème siècle. En 1918, la Géorgie devient indépendante ... durant trois ans avant de faire partie de l'URSS. Cette dernière sera longtemps dirigée par un Géorgien : un certain Staline. Ce n'est qu'en 1991 que la Géorgie retrouve de nouveau son indépendance, avec comme premier président l'ancien ministre des affaires étrangères de Gorbatchev : Edouard Chervenadze.

L'auteur souligne que la Géorgie est multiple, autant par les climats que par les populations qui y habitent. Je cite : "le Caucasien semble avoir trois "patries" : son pays, sa région et son village d'origine, une triple identité en quelque sorte, par laquelle l'appartenance à l'une renforce les liens avec les deux autres malgré les distinctions culturelles locales".

Le deuxième chapitre concerne la vigne. Au départ, elle existe à l'état sauvage. On sait que homo erectus en consommait il y a 400.000 ans. L'homme s'est rendu compte que s'il taillait la liane, ses fruits devenaient plus gros. C'est le début de la "domestication". Une variété s'y prêtait mieux que d'autres, avec le mérite d'être hermaprodite : vitis vinifera sylvestris. Elle a donné par la suite naissance à toutes les variétés viticoles que nous connaissons aujourd'hui.

Ce qui n'empêche pas que les Géorgiens ont continué à utiliser les vignes sauvages (lambrusques) au cours des siècles. Certaines étaient même entretenues (= semi-sauvages). Elles étaient bien utiles les années où les récoltes étaient mauvaises. En général, ces vignes sauvages/semi-savages s'enroulent autour des arbres, devenant parfois plus grosses qu'eux.

Aujourd'hui, on peut dénombrer en Géorgie 525 variétés de raisins, soit 10 % des espèces cultivées dans le monde.

Le troisième chapitre évoque les vendanges. Pas grand chose à dire sur celles qui sont fait dans les vignes classiques. Par contre, celles dans les arbres ont beaucoup impressionné les visiteurs étrangers au XVIII-XIXème siècle (alors que cela se faisait beaucoup chez eux quelques siècles plus tôt). Les géorgiens utilisent pour vendanger des couteaux courbés proches des serpettes qui étaient encore utilisés chez nous avant l'invention du sécateur et de l'épinette.


Levan Gokadze from Tbilisi, Georgia - Flickr.com - Qvevris in Chateau Zegaani Winery

Le quatrième chapitre intéressera beaucoup les amateurs de vins puisqu'il traite de la vinification et de l'élevage. Le chai s'appelle le marani. Traditionnellement, le sol est en terre , même s'il existe des versions carrelées. Les jarres (kvevris) sont enterrées : seul le bec dépasse. Les raisins vendangés sont placés dans un fouloir. (qui correspond au Lagar romain ou espagnol) Pour ceux qui réussissaient à en trouver, il était taillé dans le tronc d'un gros arbre (souvent tilleul) qui était évidé, sinon, ils peuvent être fabriqués avec des planches ou des briques. Des branchages et feuillage sont déposés au fond pour servir de filtre. (pour éviter que des peaux ou des rafles passent dans le moût.
Il n'y a pas qu'une seule façon de procéder (comme en France : certains éraflent, d'autres pas. Il peut y avoir plusieurs variétés et couleurs, même si ce n'est pas majoritaire. En tout cas, les raisins, éraflés ou non, sont placés dans le fouloir, puis des hommes montent au-dessus pour les pressurer à pieds nus. Il peut y avoir du rebêchage (à la fourche en bois), comme on dit en France, afin que tout soit bien foulé. Le jus s'écoule par un trou situé en bas du fouloir et est amené jusqu'à la jarre via des rigoles en bois ou en argile.

Les Géorgiens peuvent aussi utiliser des pressoirs à levier qui étaient déjà connus au XIXème siècle. Ils connaissent aussi le soufre, qui peut être brûlé dans la jarre quelques minutes avant qu'elle commence à être remplie.

Le lendemain, le vigneron prélève le marc (chacha) du fouloir et en place dans les jarres la quantité qu'il estime opportun en fonction du vin qu'il veut obtenir. Cela concerne surtout les vins rouges qui nécessitent une macération des peaux pour gagner en couleur. Il existe des vins blancs avec une macération des peaux (amber wines) qui ont inspiré nos vins oranges occidentaux, mais ils sont loin d'être majoritaires. Cela peut paraître troublant à nos yeux d'occidentaux, mais des vignerons peuvent s'échanger les marcs (provenant de variétés différentes) et les verser dans leur cuve. Une fois fait, le vigneron remue trois à quatre fois par jour le marc dans la jarre pleine au 3/4 afin de lancer la fermentation.

Selon les région, les méthodes divergent (et c'est beaucoup, comme disait Desproges). En Kakhétie, le marc reste en contact 5 à 6 mois et finit par se déposer au fond de la jarre. En Imérétie, la proportion de marc est moindre (2-3 %) et ne reste que 2 mois. En Géorgie occidentale, on laisse le marc fermenter 5-6 jours dans le fouloir avant de le verser dans les jarres où il reste jusqu'au printemps.

Afin de laisser s'échapper le gaz carbonique des fermentations (alcooliques puis malolactiques), la jarre est recouverte d'une taupinière en argile traversée par un tuyau. Lorsqu'elles sont achevées, elle est scellée hermétiquement jusqu'à ce le vigneron estime le vin prêt à être bu.

Passons au cinquième chapitre : le vin, un art de vivre. Il évoque d'abord la distillation du tchatcha, l'alcool local. On se sert du moût extrait des marcs non utilisés, auquel on peut ajouter des raisins sauvages et d'autres fruits (figues, prunes, poires...). Puis il parle d'une confiserie locale, le churchkhela (photo ci-dessus). on fait réduire au 2/3 du jus de raisin, puis on ajoute de la farine pour l'épaissir. On y trempe alors des ficelles sur lesquelles on a enfilé des fruits secs (noix, amandes, noisettes) à l'aide d'une aiguille. Il faut en général trois passages dans le moût épaisse pour avoir la bonne forme. Puis on laisse sécher quelques jours... ou plus longtemps. Elle peut servir de barre énergétique à des voyageurs ou des chasseurs qui n'ont rien d'autre sous la main à manger. Et puis, tout de même, on revient sur le sujet du vin : on y parle de sa commercialisation et de son transport. Longtemps, il s'est fait en outres de peau de chèvre imperméabilisées avec du naphte. Ce qui lui donnait un goût particulier qui a souvent dérouté les visiteurs étrangers.

Pascal Reigniez insiste ensuite sur les qualités très différentes de vins qu'il pouvait y avoir, entre les vins pas chers destinés au peuple et les vins produits par et pour les cours princières. Ce qui explique l'hétérégénoité des témoignages. Ceux qui ont bus ce qu'il se faisait de mieux en Géorgie estimaient qu'ils n'avaient rien à envier aux meilleurs vins français.

Mais le plus beau arrive : il est question du rapport des Géorgiens avec la vigne. Selon la légende, Noë aurait planté la première vigne au Mont Ararat, situé dans la proche Arménie. Comme le climat n'y est guère favorable, les Géorgiens aiment à penser qu'il était descendu dans leur beau pays. La vigne fait partie intégrante de leur vie et de leur famille. Je cite " En Géorgie, l'on raconte que la vigne est élevée comme un enfant, c'est à dire avec autant de douceur et de patience que l'on met à élever un enfant ; on dit aussi que la vigne est devenue adulte, qu'ellle a des rejetons ; dans un cas comme dans l'autre, il faut entendre postérité. On dit aussi que la vigne se transmet, et que celui qui l'a planté n'est pas celui qui la verra dépérir (...) La bouteille même est utilisée pour illustrer ce rapport étroit, de manière moins équivoque toutefois, puisque l'on en voit à l'occasion recouverte de costumes traditionnels géorgiens masculins et féminins".

Le symbole du vin se retrouve aussi dans la gigantesque statue qui domine Tbilissi, la capitale du pays : Kartlis deda (= la mère de la Géorgie) tient dans une main une épée, dans l'autre, une coupe de vin (on ne verrait pas Marianne faire cela, surtout aujourd'hui...).

Puis l'auteur parle de ces banquets qui rythment la vie géorgienne où le vin joue un rôle majeur : les supras. Tous les plats (hors desserts) sont déposés sur la grande table et chacun peut prendre ce qu'il veut dans l'ordre qui lui sied. Il y a un chef de table, le Tamada, qui n'est pas forcément le maître de maison. Il gère le déroulement du banquet en initiant les toasts qui émailleront la rencontre. Il choisit le vin qui sera alors servi : il peut être servi dans une grande corne qui fera le tour de la tablée. Lorqu'il se lève, tout le monde se tait. Il prononce son toast. Tout le monde boit. Puis il peut autoriser un autre convive à proposer un autre toast. Mais il devraensuite redonner la parole au Tamada. Si un toast concerne une personne présente, elle devra remercier et répondre. Mais un toast peut être aussi porté à la mémoire de personnes célèbres, à des proches décédés, à une vigne, un cépage... L'une des difficultés consiste à tenir l'alcool dans ce contexte où le vin coule à flot. C'est là encore le Tamada qui veille au grain pour que ça ne dérape pas.

Un bon banquet est aussi rythmé par des chants polyphoniques qui se rapprochent de ceux des corses et des basques.

Les Géorgiens ont inventé cette étonnante cruche appellée Koulah, dont le col torsadé semble favoriser l'ivresse. Voici le témoignage d'Alexandre Dumas qu'a retrouvé l'auteur : "Dieu a donné aux buveurs géorgiens le vin de Kakhétie, c'est à dire un vin charmant, qui ne grise pas, ou plutôt, entendons-nous bien, qui ne monte pas au cerveau. Ainsi les Géorgiens ont été humiliés de boire leurs dix ou douze bouteilles sans se griser. Ils ont inventé un récipient qui les grise malgré eux, ou plutôt malgré le vin. C'est une espèce d'amphore qu'on appelle Goulah (...) Cette bouteille, à gros ventre et long goulot, emboite le nez en même temps que la bouche, de façon qu'en buvant on ne perd non seulement rien du vin, mais encore rien de sa vapeur, de sorte qu'il y en a pour tout le monde : pour l'estomac, et pour le cerveau".

La corne a longtemps était le contenant le plus utilisé, que ce soit par les riches ou les pauvres. Elles peuvent être sobres ou richement ornées, et de taille très différentes selon l'animal sur lesquelles ont eté prélevées. Même si le verre commence à fait son apparition avec l'arrivée russe au XIXème siècle, la corne reste privilégiée pour le toast final des banquets

On trouvait aussi l'azarpécha qui pemettait de prélever le vin directement dans l'amphore et d'y boire directement à la coupe (un tastevin à manche, en quelque sorte. Celles des plus pauvres étaient en bois, celles des plus en argent finement travaillé.

Comme je le disais un plus haut, le verre est arrivé au début du XIXème siècle. Et donc, les bouteilles aussi. Une verrerie a été établie en 1823 à Tiflis. Les russes essaient aussi d'imposer le tonneau, avec plus de difficulté...

Pascal Reigniez aborde aussi dans le long chapitre l'importante consommation de vin des Géorgiens qui a beaucoup impressionné les visiteurs étrangers (4-5 litres par jours pour certains). Mais souvent c'était des vins légers, parfois coupés d'eau, moins dangereux pour la santé que l'eau seule, porteuse de maladies [4-5 litres, c'était aussi la quantité bue par les mineurs français à la fin du XIXème siècle ].

Le 6ème chapitre s'intitule : la vigne, le vin et les croyances. L'auteur aborde les différentes religions qui se sont succédées jusqu'à arriver au Christianisme qui s'implante très tôt en Géorgie (milieu du IVème siècle). Il nous rapporte cette légende : "un jour, Dieu décida de réunir tous les peuples et procéda à la distribution des territoires qui devaient leur être attribués. Mais les Géorgiens, qui buvaient et dansaient en son honneur, arrivèrent en retard : lorsqu'ils se présentèrent, toutes les terres avaient été distribuées. Ils chantèrent et dansèrent de plus belle pour implorer le pardon du Seigneur, celui-ci leur donna finalement la terre qu'il avait gardée pour lui, décidant de rester dans les Cieux. Ainsi les Géorgiens ont-ils reçu leur territoire".


Monastère d'Ananouri

L'importance du vin dans le Christianisme ne pouvait que convenir aux Géorgiens. Là-bas, une messe est possible en tout lieu, pourvu qu'on ait du vin et un petit pain cuit, y compris dans les maranis. La vigne est très représentée dans églises, que ce soit dans les peintures ou sculptures. Le vin est présent dans les cérémonies de baptême, de mariage et d'enterrement. Il rentre même dans la composition du pain bénit (nazili) confectionné une fois par an le Jeudi saint.

Le septième chapitre, le vin et la vigne dans les arts, évoque les oeuvres littéraire et picturales. Le passage certainement le plus fort est un récit intitulé Kharazula (le pommier) de Nodar Dumbadze. C'est un peu long pour que je le recopie ici. Vous en aurez une version approximative ICI .

Il est bien sûr aussi question de Niko Pirosmani (1862-1918), le plus célèbre peintre de Géorgie. Ses tableaux retranscrivent dans un style naïf des scènes de la vie quotidienne. Dommage pour lui, son succès fut posthume.

L'auteur évoque aussi cette Taverne de Mossé Toïdze (1871-1953) qui lui fait songer à la caverne de Platon.

Enfin, le dernier chapitre, Enjeux et perspectives, tente de resituer la Géorgie dans un contexte plus mondialisé, avec ses relations avec le monde extérieur. Avec l'empire russe, bien sûr, qui a totalement bouleversé le fonctionnement et l'organisation de la société. Mais au XIXème siècle sont arrivés aussi des colons français et allemands qui se sont lancés dans la viticulture en essayant d'imposer leur méthodes modernes. Avec peu de succès, il faut bien le dire, car elles auraient demandé à être adapté au climat et aux cépages locaux. Celui qui a réussi le mieux est Charles Antoine Mossano, un bordelais invité en 1891 par le prince Michaël Romanov pour mettre en valeur ses propriétés de Kakhétie. Il y a appliqua les méthodes bordelaises, cette fois-ci avec succès. Mais des bouleversement historiques mirent fin à cette aventure. Mais aujourd'hui, une société de vin porte encore son nom, en forme d'hommage posthume.

Pascal Reigniez explique en quoi la jarre est mieux adaptée à la région que le tonneau. Nous sommes dans une région où les tremblements de terre sont fréquents. Il est donc quasi impossible de construire des bâtisses en pierre ou même des caves voûtées pour y placer des tonneaux par dizaines. La température et l'hygrométrie sont plus stables avec les jarres enterrées dans le sol. Et puis, l'apport du tonneau modifait le goût des vins dans un sens qui ne plaisait guère aux Géorgiens.

Enfin est abordé l'entrée dans le "monde moderne" suite à l'indépendance de la Géorgie en 1991. Elle a pu alors s'ouvrir au monde. En 1998, un cahier des charges de culture et de vinification a été mise en place, selon des critères proches de nos pays occidentaux. En 1999, des appellations d'origine ont été créées. ll existe maintenant en Géorgie des chais modernes avec cuves en inox thermorégulées, chais à barriques, etc. Mais les maranis et les kvevris n'ont pas dit leur dernier mot. Des rencontres régulières avec des vignerons européens (Puzelat, par ex) ont permis d'échanger les expériences. La mode des jarres, enterrées ou non, est en train de gagner nos contrées, renforcée par l'envie de produire des vins plus naturels, plus proche de l'origine.

Je recommande vraiment ce livre, car il regorge d'informations sur un pays que l'on ne connaît que très peu. J'apprécie particulièrement l'approche rigoureuse, scientifique même (dans sa version anthropologique) , avec une foultitude de témoignages sur plusieurs siècles. Mais l'auteur s'est aussi rendu sur place : on sent qu'il a partagé de nombreux moments avec les Géorgiens et les a compris de l'intérieur. Il y a ayssi pas mal de photos (85) qui illustre ses récits.

_________________________

Au pays de la vigne du du vin, la Géorgie, Pascal Reigniez

Editions les Indes savantes, 370 pages, 33 €

Eric
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#16
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oliv a répondu au sujet : Au pays de la vigne et du vin, la Géorgie

Géorgie
Le vin géorgien peut-il devenir une référence sur le marché international ?

www.slate.fr/story/1...
#17

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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : CR: Visite au domaine Schuchmann (et Vinoterra) en Géorgie

Lors d’un voyage en Arménie et en Géorgie, nous avons passé deux nuits au domaine Schuchmann qui est surtout un jeune et grand groupe qui a investi en même temps dans les vins et l’œnotourisme.
L’hôtel de luxe est fortement recommandable et le restaurant associé également.



Vue d’une partie des installations annexes de l’hôtel, au milieu des vignes.

Je précise tout de suite que j’ai mis « Vinoterra » dans le titre pour faciliter les recherches avec le moteur mais qu’en fait le groupe Schuchmann commercialise ses vins vinifiés selon la méthode géorgienne sous la marque Vinoterra et ceux vinifiés selon la méthode « européenne » sous la marque Schuchmann. On sent donc le désir de s’ouvrir au plus grand public.

Le domaine d’origine date de 1996 mais c’est en 2008 que le groupe Schuchmann l’a repris et fortement agrandi. C’est devenu une grosse entreprise (deux millions de bouteilles par an) mais la visite, prévue pour tous les résidents de l’hôtel, s’est avérée instructive et la qualité des vins dégustés tout à fait intéressante (un prochain CR sur les autres vins bus en Géorgie pourra en témoigner).




La visite commence logiquement par une illustration des « qvevri », ces jarres en terre cuite, sortes d’amphores sans poignée et enfouies sous le niveau du sol.
Elles sont utilisées dans la méthode de vinification géorgienne des blancs et des rouges , aussi bien pour la fermentation que pour le vieillissement. Une particularité supplémentaire pour les blancs est la macération, la fermentation et le vieillissement avec la peau des raisins, ce qui donne un vin qu’on appellerait « orange » en France. Les cépages blancs utilisés sont le kisi, le mtsvane et le rkatsiteli.
Elles sont aussi utilisées pour la fermentation de certains rouges, pour une méthode que l’on pourrait qualifier de « mixte », car seule la fermentation a lieu en qvevri. Le seul cépage rouge alors utilisé est le saperavi, cépage roi en Géorgie.
La fermentation dure entre 3 et 4 semaines et le vieillissement 6 mois pour les blancs et 12 mois pour les rouges. Bien entendu les qvevri sont ouverts pendant la fermentation mais doivent être fermés hermétiquement pendant le vieillissement ? Cela est assuré par des pierres plates, l’étanchéité étant assuré par du sable.




Pour les vins réalisés selon la méthode de vinification européenne, le domaine utilise des cuves ou des tonneaux, selon les cuvées. Ceux-ci sont utilisés pour le vieillissement avec rotation par tiers chaque année à partir de fûts neufs provenant du Limousin. Les cépages sont beaucoup plus variés.




Le domaine réalise aussi deux vins effervescents selon la méthode champenoise, avec un processus rapide (total un an) mais remuage à la main (c'est un pays où la main d'œuvre n'est vraiment pas chère...). Le cépage pour le blanc est le chardonnay mais les cépages pour le rosé sont le melon de Bourgogne et le malbec !

Pour finir cette présentation rapide, les marchés sont par ordre d’importance la Chine, l’Europe hors Russie, la Russie et les USA.


Passons maintenant à la dégustation, limitée car formatée pour un public de non connaisseurs, mais didactique pour montrer la différence entre deux blancs d’un même cépage vinifiés selon les deux méthodes, et un rouge.

Domaine Schuchmann – Rkatsiteli – 2018
Le vin de couleur pale est très marqué par une belle vivacité, aussi bien au nez sur des arômes de citron et de pomme verte, qu’en bouche par sa grande acidité verticale.
Un vin qui peut faire penser à certains blancs français à base de sauvignon ou de chenin, non boisés.

Domaine Vinoterra - Rkatsiteli – 2016
La robe est bien entendu très différente, très orangée. Le nez est plus expressif et complexe avec des fruits blancs (pêche et poire) et de l’écorce d’orange.
Mais en bouche une forte piqûre acétique m’a empêché de l’apprécier.

Domaine Schuchmann – Saperavi – 2017
Un vin élaboré selon la méthode mixte, avec une fermentation de trois semaines en qvevri et un élevage d’un an en barriques.
Un beau nez d’une belle intensité sur la cerise fait place à une bouche à l’attaque assez vive et une deuxième partie de bouche plus ronde, avec des tanins souples et une bonne longueur.
C’est le vin que j’ai préféré parmi les trois.


Mais j’ai pu compléter avec trois vins dégustés lors des repas, deux d’entre eux avant la visite.

Domaine Schuchmann – Saperavi – 2018



La robe est presque noire, aux reflets nettement violacés.
Le nez intense exhale des fruits noirs bien mûrs, presque confiturés, avec une touche fumée qui apporte une certaine fraîcheur.
La bouche possède une belle mâche, au fruité moins démonstratif. Il y a juste ce qu’il faut d’acidité et la finale se révèle plus charpentée, habillée de tanins un rien rustiques.
Bien ++

Un vin pour la table qui s’accorde très bien avec certains plats de la cuisine géorgienne un peu épicés.


Domaine Schuchmann – Tsinandeli – 2017



La robe paille est fort brillante.
Le nez s’ouvre bien sur ses fruits blancs, entre autres la poire et la pêche blanche, et une note anisée vient compléter le tableau en apportant une touche bien gaie.
L’attaque est plutôt large, la sapidité sur la même aromatique est très appréciable, et une bonne acidité allonge l’ensemble.
Bien ++


Domaine Vinoterra - Rkatsiteli – 2016



Je ne voulais pas rester sur la déception du vin bu lors de la visite-dégustation.

La robe est vraiment très orangée.
Le nez puissant offre une aromatique intéressante qui combine de l’orange amère à du miel et toujours les fruits blancs, mais au second plan. Cette fois-ci c’est au nez, ce qui me paraît plus normal, que j’ai ressenti une très légère piqûre acétique mais pas au point d’être dérangeante.
La bouche montre un profil très sec, droit et long, avec une superbe acidité structurante et une belle aromatique sans défaut.
Voilà un vin qui a du panache et sort des canons habituels (dans les deux sens du terme) ! La bouteille goûtée lors de la visite devait donc avoir un défaut…
Très Bien

A noter que le vin s’arrondit de façon plaisante sur un ragout d’agneau.

Vous aurez compris que j'ai bien apprécié les vins de ce domaine, qui peut fournir de la qualité malgré sa taille.

Jean-Loup
#18
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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : CR: Quelques vins géorgiens

Après mon périple en Arménie (voir ICI ) je suis allé en Géorgie où j’ai pu visiter le domaine Schuchmann et déguster quelques un de ses beaux vins (voir CR ci-dessus), et j’ai également pu découvrir quelques autres flacons : grâce à un verre lors de certains déjeuners (pas plus, je conduisais… :( ) et deux lors des dîners (mes compagnons n’étant pas des fans de vins :( :( , on se partageait une bouteille à trois…).
De plus je n’ai pas réussi à m’imposer comme tamada ! ;)



Statue de tamada dans le vieux Tbilissi


Trois vins rouges, tous issus du saperavi, le meilleur cépage local, et un blanc relativement classique.

Domaine Okro – Saperavi – 2016



Très sombre, la robe laisse quand même apparaître quelques reflets légèrement violets sur le bord du disque.
Il faut aller chercher le nez, d’une intensité moyenne, mais il offre alors une panoplie de fruits rouges et noirs, avec des nuances florales.
La bouche joue clairement la carte de la finesse. Elle est ronde mais pas charpentée, dotée d’une bonne vivacité, de tanins doux et d’un toucher soyeux. Il lui manque un chouia de concentration mais l’allonge est satisfaisante.
Bien ++ pour ce très bon vin géorgien d’un beau domaine distribué en France par le Clos Tue Bœuf.


Domaine Shumi – Mukusani – Saperavi – 2018



D’après Wiki, Mukusani désigne les vins à base de Saperavi vieillis au moins trois ans en fûts. Cherchez l'erreur…

Le nez d’abord discret s’ouvre à l’aération sur des fruits noirs et particulièrement la mûre.
En bouche la matière est moyennement dense, au fruité acidulé et aux tanins non saillants mais rustiques, d’une longueur limitée.
Assez Bien +


Domaine Lukasi – Saperavi – 2015



J'ai choisi le vin sans avoir vu l'étiquette. :oops:
Le vin a été vieilli un an en fûts.

La robe très sombre fait encore jeune par ses reflets violine.
Le nez d’une bonne intensité développe un bouquet bien axé sur les fruits noirs, mais on y décèle aussi du cuir, une note vanillée et une touche végétale.
La belle charpente de la bouche est habillée d’un fruité moins éclatant qu’au nez. Les tanins malheureusement assez grossiers viennent gâcher cette bonne première impression, d’autant que la finale plus fraîche ne dure pas vraiment.
Bien


Domaine Prince Alexander Chavchavadze – Tsinandali- N° 1 – 2017



L’assemblage comporte deux des meilleurs cépages blancs autochtones : le rkatsiteli et le Mtsvane (en géorgien toutes les lettres se prononcent !).

La robe se présente sous une couleur paille soutenue.
Le nez bien expressif mêle des fruits blancs, de la verveine et d’étonnante notes briochées.
La bouche est bien charnue et sapide, au boisé élégant. Une bonne vivacité équilibre l’ensemble sur toute la longueur, fort correcte ma foi.
Bien +


Voilà qui termine ce tour très modeste de vins de la Kakhétie, principale région viticole de la Géorgie. Mais celle-ci regorge d’autres points d’intérêts avec notamment ses églises et monastères d’un âge vénérable.



Bien entendu je n'ai posté cette photo que pour les qvevri qui jonchent le sol autour de l'église.



Jean-Loup
#19
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tomy63 a répondu au sujet : CR: Géorgie - Pheasant's Tears (Kakheti) - Saperavi 2013

CR: Pheasant's Tears - Saperavi 2013 : (kakhétie. Elevage qvevri) Couleur très noire et très épaisse, nez de fruits noirs confiturés, cassis, myrtille, un peu de réglisse et de cèdre/pin, assez intéressant. Bouche puissante, confiturée, on sent bien les 14%, ça envoie, tannins bien présents, assez gras et qui commencent à être fondus par le temps en bouteille. Finale assez longue, chaude, toujours fruits noirs confiturés. Un vin qui ne fait pas dans la finesse, à mettre à table absolument. Pour mon pdf, difficile d'en boire plus d'un verre.
#20
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Fanfreluche a répondu au sujet : Géorgie - Scuchmann - Saperavi 2015

CR: Schuchmann Saperavi 2015

Bouteille achetée à Vinidôme il y a une paire d'année. Importée par "le Pont Caucasien". Vieilli en fût français pendant 12 mois.

Ma première introduction avec le Saperavi a eu lieu en Australie (je sais étrange). Car en Australie pas d'INAO, d'encépagement "obligatoire". Et le Saperavi australien m'avait laissé un joyeux souvenir !

Robe entre pourpre et aubergine (passe velours plutôt). Disque groseille.
Au nez, à l'ouverture de la cerise bien mûre. Deux heures plus tard on tire plus vers un pruneau et un peu de kirsh.
Une bouche ronde, sur les fruits noirs bien mûrs. On retrouve en fin de bouche une expression tannique marquée mais non désagréable. Un vin fin et équilibré. Pas l'expression fraîche et étonnante du premier Saperavi gouté. Mais en même temps, l'Australie n'est pas la Géorgie !
#21
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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : CR: Niamori - Vin orange - Géorgie - Rkatsiteli

CR: Niamori - Vin orange - Géorgie - Rkatsiteli



Aucune indication de millésime sur la bouteille. Rkatsiteli est naturellement le nom du cépage blanc qui a été macéré avec élevage sans doute en kvévri.

La robe est d'un orange profond.
Très intense, le nez est un peu tout fou, partant sur des arômes de raisins secs prégnants mais laissant percevoir également de la pomme, des fleurs lourdes, dans un ensemble empreint d'oxydation très ménagée.
Le vin se goûte parfaitement sec, la bouche étant bien tendue, dotée de tanins sensibles et d'une finale persistante et saline.
Bien +, avec une forte personnalité.

Bu à l'apéritif, le vin s'arrondit en mangeant.

Jean-Loup
#22
Pièces jointes :
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