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Terroir de tradition viticole pérenne et prestigieuse hors de France

  • Ilroulegalet
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Une petite réunion autour de vins étrangers pour ne pas changer a récemment eu lieu. Le repas fut fort bon avec un soufflé au fromage en entrée suivi d'un boeuf mijoté et un cake chocolat/fruit de la passion vraiment très bon. Il y a eu 2 paires servies en duel pour l'entrée et le plat respectivement.

Italie, Trento DOC, Cantine Ferrari - Perlé 2017
12,5°.  Commentaire du millésime.   Fiche technique du domaine.  Les bulles du Trentin constituent aux côtés des vins effervescents de Franciacorta les 2 grandes provenances de ces vins en Italie. Ferrari est le porte-flambeau de la région et fonctionne selon un modèle "Maison de Champagne". La gamme "Perlé" est l'équivalent des champagnes millésimés et s'inscrit directement en-dessous des cuvées de prestige du domaine. Techniquement, c'est un Blanc de Blancs de chardonnays situés parmi les meilleures parcelles du domaine qui bénéficient en moyenne de 54 mois de repos sur latte et avec des levures cultivées par eux-même (semi-indigènes en somme).

La robe est dorée et transparente, scintillante. Cordon de bulles fines. Bouquet très champenois de fruits de vergers, croûte de pain complet et amande. En bouche, de même le vin associe autolyse et fruits blancs croquants, supportés par une bulle fine et crépitante. L'ensemble a une certaine largeur, surtout en milieu de bouche avant de se resserrer sur une petite amertume que certains trouveraient un peu verte. Cette finale constituerait le seul bémol à un vin champagnomorphe de bonne facture.

Hongrie, Tokaj, Kikelet Pincészet - Lonayi Harslevelü 2021
Hongrie, Tokaj, TR Muvek - Palota Furmint 2022

Les vins ont déjà été présenté  ici , et ont été rapporté de mon voyage en Europe Centrale.

Afin de faire découvrir les Tokaj secs aux camarades, les vins ont été servis en semi-aveugle afin que l'on puisse déterminer les cépages. Les vins ont été ouverts 2h avant et servis un peu froids, ce qui les a rendus mutiques initialement. Autres circonstances, autre prestation, c'est au réchauffement et à l'air que les différences se sont définies plus nettement par delà le fort effet millésime tendant à réduire les différences entre les vins.

En effet, le furmint est un cépage qui conserve une acidité énorme, même quand il est mûr tandis que le Harslevelü est beaucoup plus délicat dans ses arômes et son expression, ainsi que l'acidité. Or 2021 a été frais et nébuleux avec une acidité pas vue depuis 10 ans, tandis que 2022 a battu des records de chaleur et de sécheresse qui ont réduit fortement les acidités. 

Dans le verre, le furmint Palota 2022 présente des arômes de coing, fruits exotiques, un vrai gras large en milieu de bouche avant que la tension n'arrive et ne tienne la structure. Les 8g d'acide tartrique ne se sentent pas du tout en pratique. L'un de nous, taquin a osé le sacrilège de dire que cela goûtait comme un chenin, sans ses défauts (l'acide volatile notamment). Une impression terpénique et verticale s'est accentuée à mesure du temps.
Le Harslevelü 2021 présente un bouquet beaucoup plus floral et herbacé. Sous le palais, le vin est plus droit et fin et l'ouverture l'a beaucoup servi. Moins de largueur en milieu de bouche mais une belle aromatique.

La troupe a pu convenir de l'indéniable qualité des vins, ainsi que de leur complémentarité potentielle dans un assemblage. Pour ma part, je retiendrai qu'il n'est pas nécessaire de les servir trop froids et qu'ils ne craignent pas l'air.

Portugal, Tras-os-Montes, Quinta de Arcosso - Reserva Tinto 2008
13,5°.  Fiche domaine (2007).  Le domaine crée en 2003 a planté cette parcelle de 10,5ha en 2005 avec les cépages locaux. 20% de pente, 375m d'altitude sur sol de granit exposé au Sud. En 2007, la vinification a consisté en un foulage aux pieds puis 12 mois d'élevage en barriques de chênes français et américains.
Espagne, Priorat, Sara Perez & René Barbier - Partida Pedrer 2014
14,5°.  Explications par IDW.  Grenaches d'altitude sur sol de schistes et élevées semblerait-il en jarre de béton plutôt qu'en barriques.

La robe du vin espagnol est curieusement un peu plus tuilée que le portugais. Le premier vin a un côté cabernet-sauvignon assez prononcé par ses notes empyreumatiques et boisées assertives qui ne dominent pourtant pas le fruit noir complexe, confit et tendu. Les tanins sont intégrés parce qu'il n'y a plus d'astringence. La texture est fluide sans soyeux pour autant.
Le vin espagnol offre une véritable prestation de grenache, avec un fruité rouge confit, une présence d'alcool perceptible mais surtout un soyeux de texture singulier qui est d'autant plus révélé par l'accord avec le boeuf mijoté. La largueur de corps et le degré d'alcool important en fait un style peu consensuel, mais une véritable fraîcheur mentholée en finale permet une bonne palatibilité du vin.

Les deux vins s'accordent bien avec le plat, avec une mention spéciale pour le Priorat qui obtient un toucher de velours. On se régale !

Allemagne, Moselle (Mittelmosel), Weingut Johan. Joseph Prüm - Bernkasteler Badstube Riesling Auslese 2007.
7,5°. Sol d'ardoise à Bernkastel. Officiellement classé en GL, cette cuvée est plutôt perçue comme un village par les amateurs que Grand Cru contrairement à ses 3 frères réguliers (Wehlener Sonnenuhr, Graacher Himmelreich & Zeltinger Sonnenuhr). Le domaine n'a pas de site internet, ni ne communique les analyses même si l'on peut supposer a minima 80g de SR dans cette cuvée. Elevage en cuve inox.  Quelques infos de Mosel Fine Wine sur la cuvée.  MFW l'a regoûté en 2016 et l'a noté 95, excellente note !

La robe est transparente, scintillante avec quelques reflets dorés ; cela fait très très jeune. Le nez ne laisse que peu de doutes que c'est un riesling sur ardoise ! Le bouquet vraiment typique de pierre frottée et de terpène combine avec une note de mangue et fruit de la passion très précise sur cet exemplaire. Sous le palais, l'équilibre est idéalement calibré entre expression fruitée qui a asservi le SR, et cette haute acidité cadrée par le même SR . On obtient un vin vertical qui déroule une trame d'ardoise trempée dans la mangue et le fruit de la passion.

Ayant été mis au défi par l'apporteur, l'enjeu fut de trouver le terroir, l'âge et le Prädikat.

Si j'ai rapidement identifié JJ Prüm, mon hypothèse à la vue de la robe, de la netteté du nez peu complexe, de l'absence d'arômes d'évolution sous le palais ainsi que la présence de fruit exotiques m'ont fait plutôt pencher pour un Graacher Himmelreich Spätlese 2020. En effet, de mon expérience, je trouve que la maturité des arômes dans le Badstube est inférieure et donne plutôt des fleurs blanches ainsi des prunes ou des pêches plutôt que de la mangue/fruit de la passion qui sont plutôt l'apanage des Grossen Lagen vedettes (Goldtröpfchen, Graach, les Sonnenuhr ou le Prälat) de Mittelmosel.

Cette fois-ci, cet exemplaire alimente la réputation de longévité des vins du domaine, 17 ans et absolument pimpant, le vin m'a paru en tout début de la première phase de maturité où la fameuse "odeur de Prüm" s'est dissipée et le SR intégré sans que le arômes tertiaires n'aient commencé à poindre. C'est du plaisir liquide qui rend heureux, d'une sapidité inouïe accompagnée d'un équilibre et d'une élégance qui sont la marque de fabrique du domaine. Ces caractéristiques préemptent largement les bémols de la dégustation analytique qui relèveraient un manque de densité ou de complexité (alors que les différences sont nettes quand on fait des dégustations horizontales du domaine).

L'avantage de ces rieslings à 7,5° est qu'ils sont tellement aériens qu'ils planent au-dessus de la mêlée pour les desserts. Le cake du MOF  Nicolas Bernardé nous a vraiment surpris par le plaisir des sens avec une texture ferme et solide et pourtant pas roborative. Il se trouve que les morceaux de mangue du cake font le pont aromatique avec le vin et donc un véritable accord a lieu de la densité du gâteau vers la légèreté du riesling.

Sven. Curieux de tout, prédilection pour les vins blancs légers et européens.
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21 Avr 2024 11:29 #1

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