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Amphores sélectionne de très belles cuvées du Languedoc-Roussillon

  • Jean-Loup Guerrin
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En hiver, c’est le bon moment d’ouvrir de belles bouteilles du Sud.
C’est donc le thème du Languedoc-Roussillon qui a été choisi pour ce mois de février.
Et comme nous fêtons cette année les trente ans du club, notre Président Jean-Michel n’a pas lésiné sur la qualité des cuvées !
Au programme, deux blancs et six rouges, et six Languedoc et deux Roussillon (mais lesquels !).

Domaine Alain Chabanon – Pays d’Oc – Trelans – 2019

 

Assemblage de 70 % chenin et 30 % vermentino.

La robe est sur un or clair.
Le nez ouvert, sans plus, propose des fruits blancs et jaunes, teintés d’un soupçon d’herbes aromatiques.
La bouche affiche une belle rondeur fruitée, relancée par une juste acidité. Aucune sensation capiteuse ne vient perturber une matière de consistance moyenne à la sapidité plaisante, l’allonge étant d’un niveau supérieur.
Très Bien, mais un petit manque de caractère pour monter dans les tours.


Domaine Gauby – Côtes catalanes – Coume Gineste – 2018

 

Assemblage de grenache blanc et grenache gris sur calcaires et schistes.

La robe brille d’un or moyen.
Le nez intense exhale une aromatique immédiatement minérale, finement pétrolée (ah les schistes !), bien assise sur des fruits jaunes.
L’attaque est assez grasse mais le cœur de bouche ne tarde pas à prendre un style fuselé par sa tension et sa minéralité. L’ensemble est dense et d’une grande personnalité classieuse, jusque dans la finale saline de grande persistance.
Très Bien ++


Domaine du Pas de l’Escalette – Terrasses du Larzac – Les Frieys – 2020


 

Vigne complantée de grenache, carignan et mourvèdre.

Moyennement sombre, la robe fait encore très jeune avec ses reflets violets sur l’ensemble du disque.
Le nez intense et enjôleur est empreint d’épices, avec notamment du poivre, et des fruits noirs bien purs.
La bouche s’équilibre entre une belle chair pas imposante, une bonne vivacité et des saveurs reprenant celle du nez en rétro-olfaction. Les tanins, à peine poudreux, n’entravent pas le déroulé qui s’allonge en finesse.
Très Bien mais à attendre cinq ans pour plus de complexité.


Mas Champart – Saint-Chinian – Clos de la Simonette – 2019

 

Assemblage de 65 % de mourvèdre, 20 % de grenache et 15% de carignan.

La robe bien sombre est encore parée de ses atours de jeunesse.
Très expressive, le nez est un archétype de beau vin sudiste avec ses arômes de fruits noirs allant jusqu’au pruneau, et ses touches de cacao et de réglisse.
La bouche bien charpentée est dotée d’une matière dense, fruitée et au toucher soyeux, mais pas riche. Une acidité bienvenue la maintient droite dans ses bottes et la conduit jusqu’à une finale où le côté chaleureux ressort légèrement.
Très Bien +(+)

Cette cuvée, que l’on dit à attendre dix ans d’après de très nombreuses expériences, y compris la mienne, est incroyablement agréable si jeune, sans que cela n’hypothèque son avenir. C’est sans doute obtenu grâce à la cuvaison plus courte que d’habitude.


Domaine Alain Chabanon – Languedoc – Saut de Côte – 2017

 

Assemblage de 80 % de mourvèdre et 20 % de syrah.

Moyennement sombre, la robe ne se révèle ni jeune ni évoluée.
Le nez offre avec une belle intensité une aromatique variée et avenante de framboise et de cerise, agrémentée d’une touche mentholée et d’une autre de cuir.
La bouche est bâtie sur la finesse, presque trop légère, et adopte un profil rectiligne avec une fraîcheur notable. Les tanins fluides sont à l’avenant, comme la finale élégante à l’allonge de bonne facture.
Très Bien (+)


Le Mas de l’Ecriture – Terrasses du Larzac – L’Ecriture – 2013


 

Assemblage de syrah, grenache et mourvèdre.

La robe sombre est sertie de reflets bien tuilés.
Très intense, le nez exhale une aromatique opulente et séductrice constituée de chocolat, de fruits noirs bien mûrs et de fines touches d’élevage, de café et de vanille.
La bouche est dans la continuité, plus axée sur la puissance, mais celle-ci est bien contrebalancée par une très belle vivacité. Les tanins apaisés concourent à l’élégance superlative, relayée par une finale très persistante et effilée.
Très Bien ++ pour ce vin qui aurait eu parfaitement sa place dans  l'horizontale des grands Languedoc 2013 organisée avec LPV Grand Centre !


Clos Marie – Pic Saint Loup – Métairies du Clos – 2010

 

Assemblage de 50 % de grenache, 30 % de carignan et 20 % de syrah.

Bien sombre, la robe ne laisse percevoir que quelques traces d’évolution.
Le nez très expressif et complexe est rehaussé par une touche de volatile. C’est d’abord un cocktail de fruits rouges et noirs qui en constitue le socle, avec des nuances sanguines. Puis vient une belle floralité de pot-pourri et du sous-bois qui dénotent une aromatique flirtant avec le tertiaire.
La bouche coche toutes les cases : ossature, matière, volume, fruit, tanins encore présents mais arrondis, et très grande fraîcheur. La finale raffinée s’allonge pour mieux en profiter.
Très Bien ++ / Excellent

Ce vin paraît avoir atteint son plateau de maturité mais n’est pas prêt d’en redescendre.


Domaine Gauby – Côtes catalanes – Muntada – 2019

 

Assemblage de 70 % de grenache et 30 % de carignan.

La robe moyennement sombre a déjà perdu ses reflets de jeunesse sans encore gagner ceux d’évolution.
Très intense, le nez développe des arômes d’écorce d’orange entêtants, tellement prégnants et inattendus que l’on a du mal à y déceler autre chose. Mais l’aération lui est favorable, lui permettant de gagner en noblesse et en complexité avec des petits fruits rouges et des arômes floraux. Il ne manque que la fraise en un peu plus prononcé pour se croire du côté de Rayas.
La bouche monte encore d’un cran, en se montrant déjà complètement épanouie par son ampleur, son raffinement, sa superbe fraîcheur, ses tanins satinés et sa persistance superbe et épurée.
Cela fait longtemps que je n’avais pas goûté une Muntada, mais entre certains millésimes très démonstratifs de la première période (années 1990  et début des années 2000) puis d’autres trop fluets, les Gauby ont trouvé le parfait équilibre.
Excellent (+) et grand vin assurément !

Pourra-t-il s’améliorer ? Je ne sais pas ; il évoluera certainement, pour un équilibre différent sans rien perdre en harmonie. Les uns le trouveront encore meilleur, d’autres le préféreront sur cette jeunesse flamboyante et classieuse à la fois. Mais peu pourront hélas faire la comparaison…


Certainement une des plus belles dégustations d’Amphores, avec quelques bouteilles à leur apogée et même les jeunes déjà très appréciables. La bonne préparation (carafage d’au moins trois heures pour les rouges) n’y est pas étrangère…
Bravo Jean-Michel !

Jean-Loup
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26 Fév 2024 15:04 #1

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