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Autour du Mont-Blanc

  • Jean-Loup Guerrin
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Autour du Mont-Blanc a été créé par Jean-Loup Guerrin

Pas très longtemps après une très belle dégustation sur l'arc alpin , j’ai eu la chance de participer à une courte mais remarquable dégustation sur ce thème proche : Autour du Mont Blanc.
Celle-ci était organisée par Jean-Paul Voiland, grand connaisseur de ces vins et de leurs accords avec les fromages.
Nous avons eu droit à une bulle, trois blancs et trois rouges, et deux italiens, deux français et trois suisses !

Cave Mont Blanc – Val d’Aoste – Prié Blanc pétillant – Cuvée des Guides – 2015

Ce vin est intéressant à plusieurs titres. C’est la première fois que je goûte un vin de ce cépage Prié Blanc. Les vignes sont situées à 1 100 m d’altitude, sur sol de sable et de pierre granitique, et le vin est élevé à près de 3 000 m d’altitude !

La robe affiche un or franc.
Bien expressif et varié, le nez libère des arômes fruités de pomme et d’agrumes, et minéraux de pierre, ainsi qu’une touche miellée sans doute grâce à la patine du temps.
La bouche adopte un style frais, et même tendu, moins aromatique qu’au nez, tout en légèreté (11 °). La bulle se montre vive en attaque puis plus caressante. La finale d’allonge honnête est empreinte de fins amers et d’une certaine salinité.
Très Bien pour ce beau vin effervescent d’apéritif, très digeste.

Le vin a été servi, comme c’est la coutume localement, avec du lard d’Arnad, venant également du Val d’Aoste, avec et sans gras, et du jambon de montagne.
Le vin fait bien face à ces accompagnements, malgré sa sveltesse, et réussit même à nettoyer le palais du gras des plats, grâce à son acidité et sa bulle titillante (3,5 + / 5).


Domaine Edmond Jacquin – Roussette de Marestel – 2022

 

La robe se présente sous une couleur paille soutenue.
Le nez d’une belle intensité exhale un fruité mûr, sur les fruits jaunes, avec du coing, tirant presque sur les fruits exotiques et le miel.
La bouche possède une silhouette toute en rondeur, habillée d’une fine pellicule de gras autour d’une matière dont l’aromatique en rétro-olfaction reprend celle du nez. L’acidité, bien dosée, se montre suffisante pour la relancer jusqu’à une finale déliée aux saveurs bien persistantes.
Très Bien (+)

L’accord avec un Beaufort d’été de 18 mois, très classique, n’en est pas moins réussi (3,5 + / 5), les deux compères se retrouvant sur le compromis puissance – finesse.


Domaine Marie-Thérèse Chappaz – Fendant du Valais – Coteaux de Plamont – 2022

 

La robe est de couleur paille.
Le nez intense révèle une belle complexité. Il virevolte entre fruits blancs (poire), fruits jaunes (mirabelle), encore du miel (mon palais, ou mon esprit, était-il biaisé ce soir-là ?) mais s’enrichit également d’une touche végétale et d’une autre minérale.
La bouche de grand caractère joue la carte fruitée mais aussi minérale, se déployant en largeur avec un beau volume et en longueur avec une finale qui dure pour augmenter notre plaisir.
Très Bien + et très certainement le meilleur Fendant (Chasselas) que j'ai bu à ce jour !

Le mariage avec un Gruyère suisse de compétition se fait sur la puissance et, de plus; le fromage met en avant l’élégance du vin (4 / 5).


Domaine Marie-Thérèse Chappaz – Valais – Grain Arvine de Fully – 2020

 

La robe est claire, de couleur paille.
Très intense, riche et complexe, le nez développe des arômes de fruits jaunes, de fruits exotiques, d’épices et de fleurs lourdes.
La bouche en impose : large, concentrée, puissante, elle est contrebalancée avec bonheur par une acidité millimétrée, certes au niveau minimum du nécessaire, mais suffisante pour mobiliser la bouche sur tout son déroulé. La finale saline, élégante et très persistante, signe le cépage et le grand terroir.
Très Bien ++

Jean-Paul nous a indiqué un accord d’anthologie avec la Petite Arvine : de la féra fumée ! Encore un accord local, la féra étant un poisson du Léman.


Domaine Céline Jacquet – Savoie – Mondeuse – Arbin – Mes Aïeux – 2018

 

La robe très sombre parait encore assez juvénile avec ses légers reflets violets sur la frange.
Des arômes de fruits rouges et noirs, à la fois frais et mûrs, ainsi que d’épices et de poivre, paradent dans le nez très expressif et addictif.
La bouche allie concentration et grande fraîcheur, densité des tanins et sensation soyeuse du grain. La résultante affiche donc un équilibre souverain et une belle personnalité, d’autant que la finale de grande allonge fait preuve de raffinement, avec le poivre qui pointe à nouveau le bout de son nez.
Très Bien +

L’accord proposé pouvait surprendre, s’agissant d’un Brillat-Savarin frais. Je savais, pour l’avoir maintes fois expérimenté, que certains rouges se marient bien avec les fromages crémeux de Bourgogne, les tanins du vin étant notamment gommés par le gras du fromage. Dans ce cas précis, on atteint une sensation fusionnelle et d’épanouissement (4 + / 5).


Domaine Les Petits Riens – Val d’Aoste – L’essence de la Forêt – 2013

 

Il s’agit d’un monocépage Cornalin, mais cela mérite une précision. Ce cépage est en effet appelé Humagne en Valais, où l’on trouve aussi du Cornalin ! C’est pourquoi le Cornalin est de plus en plus dénommé « Rouge du Pays » ou « Landroter » en Valais.

La robe assez claire est bien tuilée sur le pourtour du disque, dénotant ainsi un certain âge.
Généreux et sauvage, le nez évoque le maquis, les plantes aromatiques et le cuir, le tout sur une base fruitée de cerise encore bien présente.
La bouche agréable dévoile une pointe de rusticité en raison d’une touche de verdeur, accentuée par une belle vivacité et un profil droit et léger. Les tanins sont fondus mais un peu secs en finale.
Très Bien pour ce vin en fin d’apogée.

Un fromage de brebis sec le met bien en valeur sans le dominer (3,5 + / 5).


Domaine Phusis – Steve Bettschen – Valais – Humagne rouge – 2019

 

Ceux qui suivent auront compris qu'il s’agit donc du même cépage que pour le vin précédent.

La robe pas très sombre affiche un tout début d’évolution.
Le nez puissant et séducteur en diable déploie un fruité pur, s’articulant autour de fruits acidulés tels que la groseille. Mais sa palette s’étoffe avec des notes empyreumatiques de café et d’autres florales de ronce et de rose.
La bouche est dense, tout en donnant une impression de fermeture, en tout cas ne se développant pas en volume comme elle pourrait le faire dans une période de dégustation plus propice. Mais elle laisse envisager un gros potentiel par sa race, ses tanins abondants et lisses, et sa superbe fraîcheur. La finale élégante et persistante concourt à ce pronostic.
Très Bien + actuellement mais pourquoi pas Excellent dans huit à dix ans ?
D’ailleurs, le vin s’est plus ouvert à l’aération dans le verre.

L’accord est tout aussi appréciable avec le fromage de brebis sec (3,5 + / 5).

Un grand merci à Jean-Paul Voiland pour cette dégustation de haut vol et les superbes accords !

Jean-Loup
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10 Avr 2024 21:44 #1

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Réponse de rkrk sur le sujet Autour du Mont-Blanc

J'ai quelques bon souvenirs de vins suisses à base d'Humagne.

Dommage que les vins suisses soient si chers et si difficiles à trouver en France !

Ralf

Amateur depuis 30 ans, sur LPV depuis 16 ans, caviste depuis 3 ans
12 Avr 2024 12:36 #2

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