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LPV Paris Nord-est - #7, Côte de Beaune contre Côte de nuits

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LPV Paris Nord-est - #7, Côte de Beaune contre Côte de nuits

Septième rencontre de ce récent groupe LPV, et première participation pour ma part - voilà la pénalité imposée par l’expatriation outre-Manche. Le groupe est au complet, à l’exception de l’inénarable Sven, en pèlerinage en Allemagne. Et me voilà en charge du compte-rendu.

Le groupe a hésité avec un thème tout Syrah, mais Steph, notre courageux hôte du jour, a fait pencher la balance vers la Bourgogne. Et bien lui en a pris, tant la soirée fut variée et riche en découvertes. Sans parler du délicieux boudin noir, ovationné par Nicolas, du saucisson lyonnais, des fromages variés et des pâtisseries pour accompagner nos breuvages.

Toutes les bouteilles furent bues à l’aveugle, et furent ouvertes en avance - sauf la dernière, Jean ayant sorti une bouteille de derrière les fagots à titre expérimental…


La robe du premier vin est jaune paille.
Le nez est frais, sur le mousseron, la fougère, avec un peu léger beurré boisé, mais cela reste peu expressif.
La bouche possède bien plus de matière. Une belle rondeur et une chaleur en fin de bouche qui font penser à un millésime chaud. La longueur est correcte, l’ensemble est peu complexe. Certains ont bien du mal à y reconnaître le chardonnay.
C’est un bourgogne côte d’or blanc 2018 de chez Michel Bouzereau et fils.

La robe est d’un beau jaune.
Le nez est très discret, très fin, sur la fleur blanche, légèrement beurré, c’est très élégant.
La bouche est fraîche, avec des nuances citronnées, de caillou, de rares notes beurrées. Puligny est prononcé par plusieurs d’entre nous, justement à cause de cette droiture. Son apporteur nous prévient - sans nous prévenir qu’il en est l’apporteur: « attention, cela peut être le style du vigneron… » Bingo: c’est un meursault , et qui plus est un Charmes! Pour plusieurs d’entre nous (dont moi), c’est l’un des vins de la soirée. Même si j’ai du mal à retrouver les marqueurs de ce terroir normalement plutôt chaleureux.
Et donc: un meursault 1er cru Charmes, 2017 du domaine Pierre Matrot (le millésime a sans doute joué un rôle).
(le lendemain, le vin est devenu plus gourmand tout en gardant sa belle droiture et sa tension, me souffle-t-on dans l’oreille…)

La robe est jaune avec des nuances de vert.
Le nez est très expressif, très chardonnay: du beurré lié à l’élevage et des notes grillées.
En bouche, le vin est beaucoup plus tapissant que les précédents. Il montre aussi plus de complexité qu’au nez: poire, fougère, citron. Il y a de la matière et un bel équilibre, grâce à d’agréables amers. Mais la bouche tombe relativement vite.
C’est un saint-aubin, 1er cru La Châtenière, 2018, du domaine Jean-Claude Bachelet.

La robe est jaune doré, avec des reflets verts.
C’est un pur nez de chardonnay, qui semble plus évolué que les précédents: rond, beurré, grillé, avec des notes de vase et de marin ressenties par certains.
L’attaque est franche. La bouche se poursuit tout en puissance sur une rondeur beurrée, où manque un peu de tension. Et preuve que tous les palais sont différents, certains y voient au contraire une bouche longiligne et fraîche, même s’ils regrettent un manque de complexité.
C’est le Clos Blanc de Vougeot, monopole, un vougeot 1er cru, 2013, du domaine de La Vougeraie. (le lendemain, il est visiblement devenu moins "écoeurant").

 

Après cette mise en bouche, très variée, les plats arrivent. Et notamment, j’y reviens, un délicieux boudin… qui nous permet d’enchaîner sur les rouges.

La robe est très sombre, violacée.
Le nez est très costaud, sur le cassis.
La bouche est fruitée, presque trop. L’ensemble manque de finesse, de nuances, cela ne pinote pas du tout. « Laisse quelque peu indifférent » entends-je…
C’est le pirate du jour: un givry 1er cru en choué 2020 du domaine Masse. Et c’est l’un de mes apports. Et il est à mon avis entré dans une phase de fermeture (je l’espère en tout cas), car au domaine il y a deux ans il était au contraire frais, élancé, fin… A voir!

La robe du vin suivant fait bien plus évoluée.
Le nez est très frais fruité, fruits rouges, pot pourri. Clairement ça pinote.
La bouche est agréable, fraîche, juteuse, du fond avec du goût. C’est sanguin, floral, encore sur les fruits rouges. Le vin est apprécié par une grande majorité de l’assemblée (moi j’aime beaucoup!).
Et c’est un meursault rouge 2019 de chez Fabien Coche!

La robe suivante est relativement claire.
Le nez est ici plus discret, moins causant, sur le réglisse, la cerise kirchée.
En bouche, c’est énergique, un peu perlant, de la puissance, de fruits noirs à l’alcool, de chaleur. Le passage après le meursault lui fait du mal…
C’est un blagny 1er cru La Pièce Sous Le Bois 2017 du domaine Matrot. Etonnant ce Blagny alcooleux, alors que le terroir est plutôt frais, après le Charmes élancé…

La robe du quatrième rouge est sombre.
le nez est un peu austère, sur les fruits, le boisé est encore présent, même si l’on ressent une certaine complexité sur les ronces, le mûre.
La bouche est plus droite, avec la ronce, du fruit, mais un boisé que certains jugent « encombrant ». Il y a du caractère, de la matière, et des tannins qui ont encore besoin de se fondre. C’est le vin qui a le plus partagée l’assemblée: certains n’accrochent pas du tout, d’autres y voient au contraire tout ce qu’ils recherchent dans un pinot bourguignon!
Le domaine Bart a encore frappé: c’est un marsannay 1er cru Au Champ Salomon 2013 - et spéciale dédicace à Delphine qui m’a permis de me le procurer!  
(24 heures plus tard, il avait gagné en souplesse.)

La robe du vin suivant est sombre, légèrement brunie.
Le nez est évolué, sur les fruits rouges.
En bouche, le fruit a disparu, c’est terreux. Le vin est trop évolué, il est déséquilibré, l’alcool ressort. Il a passé son pic, à moins que la bouteille ne soit défectueuse?
Car c’est un ladoix 1er cru La Corvée 2012 du domaine Parent.

 

Dixième vin, avec une robe relativement transparente, claire.
Le nez est austère, fermé.
En bouche, il est fermé, boisé, et même légèrement fumé. Même s’il est sanguin, il est austère, terreux, sur la tige de tomate. Cueilli trop tôt, il a clairement besoin de temps.
C’est un pommard 2017 du domaine C. Newman. Qui s’est un peu ouvert le lendemain et gagné en expression sur des notes de fruits noirs et terreuses.

Nous passons aux trois derniers vins, enfin deux plus un.

On retrouve enfin un joli nez avenant et frais qui pinote, me souffle-t-on.
La bouche est complexe, équilibrée, gourmande, juteuse, et malgré tout une certaine droiture, sur un mélange de pot pourri, de fruits à l’alcool. Et cela se boit tout seul… « Très jolie quille », entends-je, pendant que Jean se félicite sur son siège et que le palais de Pauline s’éveille enfin! Philippe, lui, est très dubitatif, n’y trouvant pas grand-chose de passionnant.
Voilà la deuxième bouteille du domaine de la Vougeraie, un nuits saint georges 1er cru Les Damodés 2014. Et aucun doute que cela gagnera en complexité et en finesse avec les années, il en a sous la pédale.

La robe du douzième vin est mi-sombre.
Le nez est très beau, frais, complexe, sur les fruits noirs, la confiture, les fleurs sucrées.
La bouche est juteuse, la matière est belle, d’une belle longueur, l’élevage est bien dosé. Ce joli vin doit attendre pour se dévoiler: c’est un gevrey-chambertin 2018 du domaine Thierry Mortet.

Incapable de résister à l’appel de l’expérimentation, Jean sort une treizième bouteille, ouverte sur le fil et bue non à l’aveugle: un nuits saint georges 1er cru monopole du Clos de Thorey 2012 du domaine de la Vougeraie.
La robe est claire.
(je n’ai guère de souvenirs et de notes du nez…)
En bouche, c’est plus aérien, plus léger que le damodés, sur un côté floral délicat. Effet millésime sans doute un peu mais aussi clairement de terroir. Si les avis sont initialement partagés, avec l’ouverture, le côté aérien se développe et finit par rallier la plupart des suffrages, dont celui de son apporteur.

 

Voilà comment s’achève cette belle soirée. Une ambiance très agréable, des participants très différents et complémentaires, aussi bien en termes de personnalité que de goûts et même d’âge: que demander de plus? Il faut vraiment que je me débrouille pour être présent aux prochaines éditions!

Et plusieurs réflexions: cette soirée a mis en exergue le catactère des millésimes bourguignons. Les 2018 et 2020 étaient clairement marqués par le soleil, suaves et parfois lourds, et nécessiteront beaucoup de temps pour s’adoucir, peut-être à l’image des 2003, qui aussi bien dans le Rhône que dans le bordelais commencent à s’épanouir…
Les 2013/2014 et 2017 semblaient en revanche plus typiquement bourguignons, avec un côté diaphane qui fait qu’en fonction du terroir, du travail du vigneron, on est parfois arrivé à des vins légers, sur le fil et délicieux. Avec une mention spéciale à la gestion du millésime 2019 par Fabien Coche avec son meursault rouge.

 

(Voilà, c'est vraiment terminé pour ma part, et merci encore à Steph, notre hôte, aussi pour ses commentaires de lendemain de soirée, et aux participants pour leurs notes !)

Tristan
 
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27 Sep 2023 16:01 #1
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